À Orléans, la vente aux enchères de dizaines d’objets nazis suscite l’indignation

En mai et juin, durant quatre jours, une vente aux enchères au caractère particulier va avoir lieu à Orléans (Loiret). Parmi une grosse dizaine de milliers d’objets, plusieurs lots proviennent de la succession d’un collectionneur de reliques liées aux grandes guerres de 1870 à 1950. Dont des objets nazis. Et c’est bien ceux-ci, mis en vente ce jeudi et ce vendredi, qui créent l’émoi et interrogent syndicats, associations et partis politiques sur la pertinence d’une telle initiative.

« Nous avons anticipé l’émotion suscitée par cette vente en prévenant d’emblée la presse locale », explique maître Cécile Solibieda. La commissaire-priseure précise que la majorité de la collection porte sur « l’armée régulière » et revêt donc un « caractère historique et patrimonial ». « Il y a deux réalités, celle du collectionneur très pointu en matière historique et la réalité sentimentale pour la charge morale qu’elle peut induire », souligne l’officier ministériel.

Mais près de 200 objets comportent des symboles nazis. Pour le sénateur communiste Ian Brossat, la pilule passe donc très mal : « L’idée de se faire de l’argent avec des objets nazis me semble impensable. Je suis favorable à ce que le cadre législatif change. » L’élu parisien rappelle que Jacques Legendre, son ancien homologue (UDR) au Palais du Luxembourg, avait déposé une proposition de loi visant à rendre délictueux « le fait de proposer à la vente un uniforme, un insigne ou un emblème lié au nazisme ou à d’autres auteurs de crimes contre l’humanité ». « Le texte n’a même pas été débattu », regrette Ian Brossat. Le parlementaire va donc s’appuyer sur cette nouvelle vente aux enchères pour remettre cette proposition à l’ordre du jour.

« On ne peut pas banaliser ces symboles »

Cécile Solibieda précise de son côté qu’elle est tenue légalement d’assurer cette vente et qu’elle respectera rigoureusement la loi interdisant toute forme d’exhibition. « Il y a une description minutieuse consultable en ligne et qui prend en compte le respect des sensibilités, insiste-t-elle. Si vous souhaitez voir les objets concernés, vous devez prendre rendez-vous. »

Ces questions réglementaires, Albert Lévy les connaît bien. Ancien magistrat, syndicaliste et avocat, il souhaiterait, tout comme Ian Brossat, que ces ventes soient au moins encadrées, voire conditionnées. « On ne connaît jamais la destination finale de ces objets. Avec le retour du fascisme et la banalisation de l’extrême droite, on ne peut pas, nous-même, banaliser ces symboles. » Ce militant pacifiste propose également que ces collections soient préemptées par l’État ou par des institutions ciblées. « Il faut donner priorité à des associations ou des structures capables de faire de la pédagogie à partir de ces objets qui sont empreints d’une histoire ignoble. »

À l’annonce de cette vente aux enchères, plusieurs communiqués ont été diffusés par la Licra, le PCF, les syndicats SUD et CGT du Loiret. Tous allant dans le sens d’une condamnation ferme, évoquant la proximité des camps d’internement de Jargeau, Beaune-la-Rolande et Pithiviers. « L’implantation de l’extrême droite à Orléans et le climat politique ne sont sans doute pas étrangers à cet émoi », explique Fabien, un syndicaliste local. « Récemment encore, un artisan invité à l’occasion des Fêtes de Jeanne d’Arc s’est avéré être très proche de l’extrême droite la plus violente (Comité du 9 mai – NDLR). »

Face à l’extrême droite, ne rien lâcher !

C’est pied à pied, argument contre argument qu’il faut combattre l’extrême droite. Et c’est ce que nous faisons chaque jour dans l’Humanité.

Face aux attaques incessantes des racistes et des porteurs de haine : soutenez-nous ! Ensemble, faisons entendre une autre voix dans ce débat public toujours plus nauséabond.
Je veux en savoir plus.

Информация на этой странице взята из источника: https://www.humanite.fr/politique/ian-brossat/a-orleans-la-vente-aux-encheres-de-dizaines-dobjets-nazis-suscite-lindignation