Passage retour de l’équateur !
Pour le moment, cette remontée de l’Atlantique est vraiment agréable. Sur un bord et à bonne vitesse, Stand as One – Altavia est à 20 nœuds (37 km/h) au moment où j’écris ces lignes. On quitte les latitudes brésiliennes pour naviguer à nouveau dans l’hémisphère Nord. Mes routages m’indiquent une arrivée aux Sables-d’Olonne dans moins de quinze jours. Quelle chance de vivre cette nuit par ciel dégagé, mer lisse et vent consistant. La Voie lactée complète s’offre à moi, faisant apparaître en même temps, à l’opposé, la Croix du Sud que l’on recherche à l’aller et la Grande Ourse au retour. Ça veut dire qu’on se rapproche de la maison. C’est la magie de l’équateur, les deux mondes du Vendée Globe qui se regardent… C’est une belle vie, la vie de marin !
Mes nuits n’en restent pas moins actives. Je m’affaire à régler mes voiles, les fichiers météo étant vraiment incertains, la faute au Pot-au-Noir (zone de convergence intertropicale rendant les projections de navigation extrêmement compliquées – NDLR). Je ne peux pas non plus dormir le jour à cause de la chaleur. La cellule de vie est une étuve, je n’y reste pas, c’est trop étouffant. Je passe donc mes journées à l’abri du cockpit, à me verser des seaux d’eau sur la tête. J’en souffre à un point que je n’aurais pas imaginé. Si je veille à ne pas me déshydrater, je me force à me nourrir, car je n’ai aucun appétit. Mon escale aux Falkland (Malouines) m’a permis de ramener des fruits frais à bord. J’apprécie de manger des clémentines et des pommes. Des oiseaux, des fous de Bassan, me tiennent compagnie. Ils viennent le soir chasser le poisson volant que débusque mon étrave. Ils se servent de nous pour se nourrir… et se soulagent sur le pont du bateau !
Déjà plus de quatre-vingts jours qu’on a quitté la France, je suis en bonne santé, même si les muscles de mes jambes sont vraiment atrophiés. Je redouble de vigilance dans les déplacements, surtout avec la gîte du bateau à plus de 20 degrés. Je continue de tirer le maximum de mon voilier et de moi-même, mais le bateau n’est plus à 100 % depuis que j’ai abîmé mon bout-dehors (espar à l’avant pour fixer les voiles – NDLR) lors de l’escale. Pour autant, je réalise de bonnes moyennes et parviens à grappiller du terrain sur le groupe devant.
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