Décerné en même temps que le Goncourt au restaurant Drouant à Paris comme le veut la tradition, le prix Renaudot a été attribué mardi 4 novembre à Adélaïde de Clermont-Tonnerre pour Je voulais vivre, publié chez Grasset. Elle s'est dit "très, trés émue" d'être récompensée "pour un roman d'aventure, un roman un peu enlevé".
Le jury, présidé par Patrick Besson, est composé de dix membres dont Jean-Marie Gustave Le Clézio, Dominique Bona et Frédéric Beigbeder. Le prix Renaudot avait récompensé en 2024 le roman Jacaranda (Grasset) de Gaël Faye.
"La grande méchante par excellence"
Adélaïde de Clermont-Tonnerre, par ailleurs directrice du magazine Point de vue et autrice de trois romans, a déjà obtenu pour ce livre le prix de la rentrée du festival La Forêt des Livres chez Gonzague-Saint-Bris, remis fin août en Touraine. L'autrice y raconte Les Trois Mousquetaires de Dumas du point de vue d'un personnage qui incarne traditionnellement la perfidie, Milady.
Personnage littéraire de légende, très proche du Cardinal de Richelieu, ennemi de D'Artagnan, elle est richissime et courtisée, manipulatrice et intrigante. La femme la plus détestée de la littérature : "Il y a très peu de grandes méchantes, d'abord les personnages féminins arrivent très tard dans la littérature, et elle c'est la grande méchante par excellence, fatale, empoisonneuse, criminelle", a précisé l'autrice dans une interview à France Inter. "Je n'en fais pas une béni-oui-oui, je n'en fais pas une sainte", dit-elle encore. Mais derrière la légende, Adélaïde de Clermont-Tonnerre a voulu montrer la femme et ainsi "réclamer justice".
Mardi, la surprise est venue du prix Renaudot essai qui a récompensé Alfred de Montesquiou pour Le crépuscule des hommes (Robert Laffont), un ouvrage sur les procès de Nuremberg qui ne figurait pas dans les sélections.