Rosalía et Pascal Comelade, albums de la semaine du Figaro

Rosalía, Lux (Sony Music)

Cette jeune Catalane est une des plus grandes stars mondiales de la musique populaire depuis le triomphe de Motomani, en 2022. Venue du flamenco, cette nouvelle icône avait fait son miel d’un mélange entre son style d’origine, le RnB et le reggaeton. Rien qui ait pu nous préparer au choc esthétique que constitue Lux, déjà une des plus grosses sorties de l’année. «J’ai écouté beaucoup de musique classique, ça m’a aidé à construire l’album" déclare la trentenaire comme pour prévenir du tournant spectaculaire de Lux. Soit une symphonie pop à l’ambition délirante, truffée d’idées et d’influences canalisées avec beaucoup de virtuosité.

La jeune femme s’y exprime en 13 langues, les invités sont nombreux, au premier rang desquels la star islandaise Björk. Une sorte de mère spirituelle qui, des années avant Rosalía, a su devenir une célébrité globale avec une musique d’avant-garde, sans venir de Grande-Bretagne ou des États-Unis. Rosalía n’a pas froid aux yeux, et livre un disque pharaonique, gonflé, bluffant, très dense mais pas dance. On salue de retour de l’ambition dans la pop, portée par une jeune femme très douée. Quatre mouvements pour un disque qui fera date dans la production musicale. On ne sait comment Rosalía retranscrira cette fresque sur scène, ni ce qu’elle fera de son ancien répertoire, mais la voici propulsée dans une sphère à laquelle peu de compositeurs pop ont pu aspirer.

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Pascal Comelade, Improperis - Compositions et enregistrements magnétiques (1984-2024)

Voilà plus de quarante ans que ce pianiste et compositeur de musique instrumentale mène une carrière passionnante, toujours marquée par l’originalité et l’audace. Cette somme de 79 titres, réunis sur un coffret de 5 LP en édition limitée, réunit quelques-unes de ses plus réjouissantes expérimentations; gravées entre 1984 et 2024. Où l’on s’aperçoit que l’art de Comelade est des plus intemporels.

Mélancolie, blagues potaches, sursauts rythmiques, la musique du Catalan ménage constamment les surprises. Doté d’un instrumentarium volontiers insolite, ce grand mélodiste déploie son style exigeant avec beaucoup de grâce. Avec des invités comme Pierre Bastien, Jac Berrocal, Tony Truant, The Liminanas ou Jaki Libezeit (du groupe allemand Can), Comelade a dessiné une cartographie unique de ses amours rock’n’roll. Cette somme à la fois savante et ludique se visite avec gourmandise et confirme que Comelade est un maître cruellement sous-estimé.

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