"Sans un changement rapide et profond, l'édition 2026 risque fort d'être la dernière." Vingt lauréats du Grand prix du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, dont Florence Cestac, Jacques Tardi, Anouk Ricard et Riad Sattouf, ont signé une tribune appelant à une réforme de la direction du rendez-vous international de la BD, lundi 10 novembre dans L'Humanité.
"Depuis des années, le Festival accumule les scandales, les erreurs de communication et le manque d'ambition, tout cela dans une totale opacité de gestion", dénoncent les signataires du court texte. "Alors que les appels au boycott se multiplient, les Grands Prix disent d'une seule voix qu'il est grand temps de tourner la page 9eArt+ [le gestionnaire historique de l'événement] pour que le Festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale."
Des appels au boycott
La société 9eArt+ a été reconduite samedi à la tête de l'organisation de l'événement à l'issue d'un appel à projets, décidé au printemps 2025, après des critiques qui visaient déjà l'entreprise. Des syndicats et collectifs d'auteurs affirment que cet appel était "biaisé depuis le départ". Certains ont appelé au boycott de l'édition 2026 du Festival de la BD.
L'entreprise est aussi d'avoir licencié une salariée en 2024, peu après qu'elle a déposé plainte pour un viol. 9e Art+ nie tout lien, assurant avoir pris cette décision en raison d'un "comportement incompatible avec l'image de l'entreprise".