Affaire Joël Guerriau : le sénateur débouté de sa demande d’annulation de garde à vue

Le sénateur Horizons n’en est pas à son premier revers de médaille. Joël Guerriau, accusé d’avoir drogué à son insu la députée Modem Sandrine Josso, à l’occasion d’une soirée privée, s’est vu débouté de sa requête en nullité concernant sa garde à vue, a appris Le Figaro de source judiciaire, confirmant une information de BFMTV. La décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a été rendue le 23 janvier, alors que l’instruction de l’affaire touche à sa fin, et que le procès du sénateur pourrait avoir lieu dans les prochains mois.

Concrètement, Mes Marie Roumiantseva et Henri Carpentier, les avocats du mis en cause, pointaient dans cette requête des erreurs de procédure relatives aux conditions de garde à vue de l’élu de Loire-Atlantique, le 15 novembre 2023. D’après ses conseils, Joël Guerriau, qui avait formulé le souhait d’être examiné par un médecin en pleine nuit, n’avait pu en recevoir la visite que sept heures plus tard, la loi prévoyant que l’officier de police judiciaire prévienne un médecin dans un délai de trois heures maximum.

D’après les informations du Figaro, la défense de Joël Guerriau, 66 ans, demandait aussi à ce que soit annulé l’examen médical de garde à vue et le test de dépistage aux stupéfiants effectué sur leur client lors de ces 24 heures. Le médecin qui l’avait réalisé avait déclaré, par erreur, le sénateur positif à de nombreuses substances illicites, avant de contrevenir à ses conclusions. Des analyses sanguines avaient par la suite confirmé Joël Guerriau négatif aux stupéfiants.

Ecstasy et coupe de champagne

Banquier de formation, un temps sous-directeur de la monétique au Crédit du Nord avant de faire carrière en politique, le président du groupe Les Indépendants au Sénat est accusé d’avoir glissé de l’ecstasy dans le verre de la députée Sandrine Josso en vue de l’agresser sexuellement, lors d’une soirée privée chez lui à Paris, mardi 15 septembre. Outre leurs liens professionnels, les deux collaborateurs entretenaient une relation d’amitié depuis une dizaine d’années.

D’après le récit de Sandrine Josso aux enquêteurs, la députée de Loire-Atlantique se trouvait avec Joël Guerriau, dans la soirée du 14 au 15 novembre 2023, quand elle a soudain été prise de malaises après avoir bu une coupe de champagne. Selon son avocate de l’époque, Me Julia Minkowski, l’élue de 49 ans dit alors avoir aperçu le sénateur «se saisir d’un petit sachet en plastique contenant quelque chose de blanc». Celle-ci a ensuite réussi à «s’extirper in extremis de ce guet-apens». Par la suite, des prélèvements effectués sur la victime avaient permis de déceler la présence d’ecstasy dans son organisme. Substance qui avait été elle-même retrouvée au domicile de Joël Guerriau, lors d’une perquisition des enquêteurs.

«Gagner du temps»

Joël Guerriau, en retrait de ses fonctions au Sénat depuis septembre dernier, a raconté, selon des sources proches du dossier à l’AFP, avoir cru s’être procuré, auprès d’un membre de la chambre haute, un euphorisant et non de l’ecstasy, pour sa propre consommation afin de faire face à ce qu’il a décrit comme des épreuves personnelles.

«Ma cliente tient le coup. Elle est dans l’attente d’une sortie dans ce dossier», commente auprès du Figaro Me Arnaud Godefroy, qui défend aujourd’hui la députée. Pour la partie civile, ces requêtes ne sont qu’une façon pour Joël Guerriau de «gagner du temps» dans une procédure où les juges «ont montré leur volonté de faire bien, et d’aller vite». En novembre dernier, en plein cœur du procès des viols de Mazan, la députée de la 7e circonscription de Loire-Atlantique avait officiellement été chargée par le gouvernement d’une mission pour lutter contre la soumission chimique, afin d’examiner l’ensemble des questions et enjeux relatifs à ce fléau.

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