« Compte tenu du niveau très élevé de la menace terroriste, je vous demande de maintenir une vigilance maximale et de renforcer les dispositifs de sécurité sur l’ensemble du territoire »: dans une note adressée ce mercredi aux préfets et aux grands patrons des forces de l’ordre, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez demande la « pleine mobilisation des services de renseignement dans la détection, la prévention et, le cas échéant, l’entrave des menaces terroristes ». Le courrier, porté à la connaissance du Figaro, rappelle que «les marchés de Noël sont des lieux de rassemblements populaires et symboliques susceptibles d’être la cible d’actions violentes ou revendicatives à l’image des attentats de Strasbourg le 11 décembre 2018 et de Berlin (Allemagne) le 20 décembre 2024.»
«S’agissant d’événements susceptibles de rassembler un grand nombre de participants, vous prendrez les mesures administratives à même d’en garantir les conditions de sécurité optimales (arrêtés d’interdictions et de limitations de stationnement, de circulation, etc.)», précise le premier flic de France qui préconise d’être «particulièrement attentifs à la gestion des flux piétons pour optimiser leur protection et leur contrôle».
Passer la publicité« L’appui de la vidéoprotection »
Appelant à une «concertation avec l’ensemble des acteurs du continuum de sécurité (élus, sociétés de sécurités privées, comité et associations, opérateurs de transport, etc.) pour mobiliser et coordonner les moyens de sécurité et de secours», Laurent Nuñez prévient que «l’appui de la vidéoprotection des communes sera systématiquement recherché».
Face à la menace, le locataire de Beauvau ordonne la mise en place d’une «présence visible et dissuasive des forces de sécurité intérieure et des militaires de la force Sentinelle le cas échéant». Comme l’a révélé Le Figaro ce mercredi, pas moins de 429 procédures ont été engagées pour des actes djihadistes depuis 2019. Quelque 51 l’ont déjà été en 2025. Soit une enquête ouverte chaque semaine en France cette année. Un bilan alarmant auquel il convient d’ajouter les dossiers d’apologie du terrorisme et les «crimes et délits d’inspiration islamiste» aux effets dévastateurs.
La semaine dernière encore, deux adolescents de 16 ans, originaires de la banlieue parisienne pour l’un et du Bas-Rhin pour l’autre, ont été interpellés en lien avec un projet d’attentat à caractère antisémite. Adhérents à l’idéologie de l’État islamique, ils ont été mis en examen et écroués dimanche pour «participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteinte aux personnes», confirme le parquet national antiterroriste (PNAT).
Les «croisés» pris pour cibles
«Quand on lit la propagande des groupuscules terroristes», les marchés de Noël «sont des cibles (...) comme le sont les forces de l’ordre, comme le sont les lieux de culte de la communauté juive, comme le sont un certain nombre d’institutions publiques», avait assuré dimanche sur BFMTV Laurent Nuñez.
Le groupe État islamique et Al-Qaïda ne peuvent «plus se projeter sur le territoire» mais peuvent «essayer d’inciter des individus présents sur le territoire à passer à l’acte», a-t-il rappelé.
Passer la publicitéAyant récemment menacé la France à plusieurs reprises, l’État islamique et al-Qaida dénoncent régulièrement des chrétiens à la foi « déviante » , « mécréants » , « idolâtres » , « infidèles » , voire « associationnistes ». C’est-à-dire des gens qui, à leurs yeux, « associent une autre divinité à Allah » et vont donc à l’encontre du dogme de l’unicité de Dieu. Troisième attaque islamiste de 2025, l’attentat antichrétien du 10 septembre, à Lyon, contre Ashur Sarnaya, un Irakien en fauteuil roulant, est loin d’être une première. Traitant des « menaces visant la communauté chrétienne » , une récente note de synthèse de la DGSI, que s’est procurée Le Figaro , décrit la chasse contre les «croisés» comme l’une des plus tenaces obsessions des terroristes islamistes.