Édito. Discours de politique générale de François Bayrou : le retour du PS au centre du jeu


Le fameux "sens des responsabilités" peut expliquer un tel retour en scène. Ce totem, aussi magique que creux, que tous les partis revendiquent tour à tour. Faire chuter François Bayrou un mois après Michel Barnier plongerait le pays dans le chaos, politique et financier. Sans gouvernement et sans budget, avec des déficits record et des marchés au bord de la crise de nerfs. La perspective fait saliver Jean-Luc Mélenchon. Elle est impossible à assumer pour un parti de gouvernement comme le PS qui a géré le pays la moitié du temps au cours des quatre dernières décennies. Pour les socialistes, la censure n’était qu’un fusil à un coup. Dégainer à nouveau, ce serait se tirer une balle dans le pied et restaurer le leadership des insoumis. Pour inverser le rapport de force à gauche sans se fâcher avec leurs électeurs, les socialistes ont donc besoin d’arracher au gouvernement une concession significative sur les retraites. Et François Bayrou semble assez ouvert…
 
La droite, elle, ne veut pas entendre parler de "suspension" de la réforme. Au nom du même "sens des responsabilités". Un recul sur les retraites "sans piste de financement", ce serait "irresponsable" tonne Laurent Wauquiez. Le casse-tête du Premier ministre est donc toujours le même : comment satisfaire en même temps le centre, la gauche et la droite, seul moyen de se sortir des griffes complices des insoumis et du RN. Pas simple surtout, quand même ceux qui participent au gouvernement ont un "sens des responsabilités" assez fluctuant. Voilà en effet LR et Laurent Wauquiez devenus les plus fervents supporters d’une réforme… qu’ils ont refusé de voter il y a à peine deux ans.