Six nations 2025 : on vous explique l’innovation du banc en "7-1" du XV de France face à l’Italie

Des changements sur le terrain, mais aussi sur le banc. La composition du XV de France pour le match de la troisième journée du Tournoi des six nations contre l'Italie à Rome, dévoilée vendredi 21 février par Fabien Galthié, fait la part belle à une innovation du côté des remplaçants : un banc dit en "7-1", avec sept avants (les joueurs numérotés de 1 à 8, surnommés "les gros" pour leur gabarit plus imposant) pour un seul trois-quart (Maxime Lucu), pour entrer en jeu.

Il s'agira d'une première pour le XV de France, qui présentait depuis le début du tournoi un banc avec six avants. Franceinfo: sport fait le point sur l’origine de cette tactique, mais aussi les prérequis et les risques de ce choix atypique.

Un parti pris physique

Avec sept avants sur le banc, l'idée est de renouveler d'un coup, ou presque, l'intégralité du paquet d'avants, et de profiter de la fraîcheur et de la puissance des entrants pour donner une nouvelle dimension physique à la rencontre autour de la 50e minute du match.

Intérrogé sur ce choix, Fabien Galthié a avancé un argument “tactique", vendredi, en conférence de presse. "C’est lié à un adversaire très particulier qu’on a analysé depuis que Gonzalo Quesada a repris cette équipe, qui s’est entouré de spécialistes dans certains domaines qui ont transformé le visage de l’équipe. On a choisi de tester une stratégie pour répondre présent dans les secteurs clés dans lesquels les Italiens sont énormément performants, c’est-à-dire le jeu au sol.”

Avant le déplacement en Angleterre, début février, Fabien Galthié était revenu sur son banc en 6-2 (six avants et deux trois-quarts). "Il nous semble que le plus important à notre niveau, c'est d'être toujours en capacité de gagner le rapport de force au niveau des avants. C'est pour ça qu'on privilégie la fraîcheur et le potentiel de changements avec l'apport des finisseurs dans le domaine de la conquête, touche et mêlée, et tout ce qui est combat au milieu du terrain", expliquait alors le sélectionneur.

Une invention sud-africaine

La stratégie, également appelée "bomb squad" (qu'on peut traduire par "équipe de déminage") a été popularisée par la sélection sud-africaine et ses entraîneurs Jacques Nienaber et Rassie Erasmus. Dès le Mondial 2019, le duo à la tête des Springboks travaillait sur les moyens de remettre de l'impact physique en fin de rencontre, avec un groupe resserré de cinq avants presque toujours utilisés en seconde période.

Utilisé pour la première fois fin août 2023 dans un match de préparation face à la Nouvelle-Zélande, marqué par une large victoire sud-africaine (35-7) dans un match où les sept avants remplaçants étaient rentrés d'un coup peu avant la 50e minute de jeu, le banc en 7-1 avait été l’une des attractions du Mondial.

Il avait été à nouveau utilisé lors du choc de la phase de poule face à l'Irlande, soldée par une victoire du XV du Trèfle (13-8). Abandonné lors du quart de finale face aux Bleus, et de la demi-finale face à l'Angleterre, le "bomb squad" avait été réutilisé en finale face aux All Blacks, et avait mené les Sud-Africains vers leur quatrième titre mondial.

Une nécessité de polyvalence et une tactique risquée

Pour mettre en place un banc en 7-1, il faut pouvoir compter sur des joueurs extrêmement polyvalents, surtout sur les lignes arrières, où les options sont par conséquent moins nombreuses.

C'est le cas avec les joueurs choisis pour démarrer face à l'Italie, puisqu’Antoine Dupont, Thomas Ramos, Louis Bielle-Biarrey, Théo Attissogbe, Yoram Moefana ou encore Léo Barré peuvent couvrir plusieurs postes. Face à la presse mardi, l'entraîneur des avants tricolore, Laurent Sempéré, avait d'ailleurs salué la "polyvalence" et la "qualité à jouer à plusieurs positions" des internationaux présents à Marcoussis.

Mais cette stratégie n'est pas non plus sans risque, et pourrait mener à des ajustements particuliers en cas de blessures ou d'exclusion sur les lignes arrières, où Maxime Lucu ne pourra pas couvrir tous les postes. "Quand on envisage ce genre d'option, c'est un risque", a reconnu l'entraîneur des avants mardi. "Mais tout est risqué. Jouer en 5-3, c'est risqué aussi. Il y a des partis pris."