Rugby : World Rugby ne voit pas de risques pour la santé des joueurs lors de l’utilisation des controversés bancs avec sept avants

Rugby : World Rugby ne voit pas de risques pour la santé des joueurs lors de l’utilisation des controversés bancs avec sept avants

Maxime Luci et le pack des Bleus lors du match contre l’Italie, avec un banc en 7-1 pour la première fois. ANDREAS SOLARO / AFP

Popularisé par les Springboks et utilisé par les Français lors du dernier Tournoi, le choix tactique d’aligner sept avants parmi les huit remplaçants n’engendre pas «un risque de blessure plus important », d’après les études scientifiques de la Fédération internationale.

Passer la publicité Passer la publicité

Au début, certains ont souri, se sont moqués. Quelle mouche avait donc piqué Fabien Galthié pour tenter un banc en 7-1 (sept avants, un seul arrière) lors du dernier Tournoi des six nations ? Pourquoi donc imiter les Springboks à l’origine de cette innovation tactique souvent décriée ? À l’origine de ce choix stratégique l’on appelle désormais un «bomb squad», le sélectionneur sud-africain Rassie Erasmus - qui avait commencé par lancer des bancs en 6-2 lors du Mondial 2019 au Japon - avait expliqué : «Avoir des joueurs des lignes arrières de rechange sur le banc, ce n’est utile qu’en cas de blessure ou de mauvais match. Laisser un trois-quarts sur le banc, c’est comme gaspiller une cartouche.»

Une option utilisée par le staff tricolore lors du denier Six Nations avec des résultats positifs face à l’Italiel’Irlande et l’Écosse. Impressionnants de puissance et de fraîcheur, les Bleus avaient fait exploser leurs adversaires, à partir de la 50e minute, en injectant massivement du sang neuf dans leur pack. «C’est un choix partagé avec le staff et les joueurs. Bien sûr qu’il y a un risque. Il y a les raisons : un banc axé sur la conquête. On a presque deux paquets d’avants. C’est un choix tactique, d’abord, avait expliqué Fabien Galthié après la première expérience en Italie. On a choisi de tester une stratégie pour répondre présent dans les secteurs clés dans lesquels les Italiens performent énormément : le jeu au sol. Un seul trois-quarts sur le banc, c’est un risque. Mais nous avons des avants qui peuvent jouer trois-quarts (le troisième-ligne Oscar Jegou a évolué au centre, NDLR)

Je ne crois pas que le banc ait été mis en place pour pouvoir faire entrer en jeu un pack tout frais

Gregor Townsend, sélectionneur de l’Ecosse

Un choix qui avait toutefois soulevé de nombreux critiques, notamment sur les risques de blessure quand un pack est entièrement renouvelé autour de la 50e minute. Ainsi, le sélectionneur écossais Gregor Townsend avait déclaré : «Je ne crois pas que le banc ait été mis en place pour pouvoir faire entrer en jeu un pack tout frais. C’est à World Rugby de décider ce qu’on peut faire avec le banc. Mais à l’heure actuelle, rien n’empêche d’y placer huit avants.»

Cité par le quotidien britannique The Guardian , Alan Gilpin, le directeur général de World Rugby, a expliqué que cela ne pose pas de problèmes d’«un point de vue scientifique et médical» : «Y avait-il un avis particulier selon lequel l’arrivée de nouveaux joueurs à 20-30 minutes de la fin du match créerait des conditions plus propices aux blessures ? Les données scientifiques ont démontré le contraire. Il n’y avait donc aucune raison, de ce point de vue, de réfléchir à une nouvelle façon de procéder aux remplacements. En fin de compte, il existe de nombreuses façons de gagner un match de rugby.»

«Le maître mot, c’est de tout donner pendant 50 minutes»

Dans ces conditions, l’Afrique du Sud a été championne du monde en 2023 et la France a remporté le Tournoi en 2025. «C’est rassurant pour nous, avait reconnu le troisième-ligne du Stade Rochelais et des Bleus, Paul Boudehent. Le maître mot, c’est de tout donner pendant 50 minutes, et derrière, on sait qu’il y a les autres gars qui rentrent.» Et après le succès contre le XV du Chardon et donc la victoire finale dans le Tournoi, le demi de mêlée remplaçant Maxime Lucu avait confié : «On a tellement pensé à gagner qu’on a eu du mal au démarrage mais quand le banc est rentré, on a su le faire. Franchement, chapeau à eux !»