«La poésie ponctue mon quotidien»: Alexis Michalik, nommé président du Grand prix Poésie RATP 2025

L’année dernière, près de 12.000 poètes en herbe, de France et de Belgique, avaient tenté leur chance. Combien seront-ils cette fois-ci ? Durant un mois, du 12 mars et jusqu’au 15 avril, la RATP invite les amoureux du verbe, quel que soit leur âge, à participer à son grand concours de poésie. Une jolie manifestation qui accueille un nouveau président: Alexis Michalik. L’acteur, écrivain, metteur en scène et dramaturge revient pour Le Figaro sur sa découverte de la poésie et la manière dont elle «ponctue» son quotidien depuis.

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LE FIGARO. - Pourquoi avez-vous accepté de devenir président du jury du Grand prix Poésie RATP 2025 ? Comment cela s’est-il fait ? 

Alexis MICHALIK. - J’ai été contacté par la RATP pour savoir si ce rôle de président m’intéressait. Il se trouve que j’ai toujours adoré ce concours comme j’ai toujours adoré lire des poèmes dans le métro. Je suis parisien, j’ai donc l’habitude de prendre le métro, en plus du vélo et de tous les autres moyens de transport dans la capitale. J’aime que des anonymes se retrouvent avec leurs poèmes dans les rames. Et c’est ainsi que j’ai accepté avec plaisir.

Comment la poésie est-elle entrée dans votre vie ? 

La poésie est entrée dans ma vie d’abord à l’école. Je me souviens des poèmes de Jacques Prévert et de Raymond Queneau et de bien d’autres encore dont j’ai oublié le nom. J’ai commencé à lire assez tôt et mes parents m’amenaient à la bibliothèque pour emprunter des bouquins. La poésie n’avait pas exactement ma préférence, en revanche, je l’ai retrouvée chez de nombreux auteurs. Quand on lit les vers de Shakespeare ou les alexandrins de Molière, de Racine, ne peut-on pas dire que c’est de la poésie ? Adolescent, j’écrivais plutôt de la prose. J’avais mon journal intime, j’écrivais des nouvelles, j’écrivais des romans... Mais la poésie a toujours fait partie de mes œuvres préférées. Shakespeare était un poète, Cyrano aussi, Cyrano de Bergerac, est en vers , et on en parle de lui comme d’un poète. Pour moi, la poésie est proche du théâtre.

Vous êtes auteur, dramaturge et metteur en scène. Si la poésie n’est pas la finalité de votre travail d’écriture, peut-on dire qu’elle en fait du moins partie, dans la musicalité, le rythme des mots que vous choisissez ? 

Oui, effectivement. J’essaye de mettre de la poésie à certains endroits de mes spectacles, mais pas forcément sous la forme de vers, même si dans Edmond c’était le cas. Je pense qu’il y a de la poésie musicale dans ce que je produis. La musique est très importante dans mes œuvres, et j’ai besoin qu’il y ait des moments de poésie, qui ne sont pas forcément rares, mais qui sont précieux dans mes spectacles. La poésie ponctue mon quotidien. Parfois, je lis quelques vers, ici-et-là, et je les apprécie et souris. La poésie est un moment où l’on cesse de raconter pour simplement rêver.

Vous avez composé quelques vers pour le Grand Prix:

« Assis sur son séant, à moitié endormi, 
On n’entend que le rythme et les bruits du métro. 
Le nez sur son écran, banale anesthésie, 
On n’aurait pas idée de regarder plus haut. 
C’est dommage pourtant, plus haut seront inscrits 
quelques mots, quelques rimes, quelques lignes, quelques voeux… 
Ces mots seront les vôtres, un peu de poésie 
pour bercer de rêveries ceux qui lèvent les yeux. »

Pouvez-vous nous parler de ce poème ? 

De temps en temps, j’écris des chansons pour des amis, pour le plaisir ou pour mes spectacles. Et je trouve qu’une chanson c’est comme un poème. À vrai dire, un poème c’est quand il n’y a pas encore de musique. Et donc j’ai abordé ces quelques vers comme une chanson.

Quels sont votre poème et votre poète préférés ? 

Adolescent, j’aimais beaucoup Baudelaire. Mais j’adore le Canto general, qui est un poème du chilien Pablo Neruda, qui a été mis en musique par le grec Mikis Theodorakis. Je l’ai beaucoup écouté et lu. J’ai eu la chance de vivre avec de la poésie à la maison.