Les ports et aéroports de plusieurs villes de Corse bloqués jeudi après-midi par des salariés de la CCI

Les ports et aéroports de plusieurs villes de Corse, dont Bastia, Calvi (Haute-Corse), Ajaccio, Figari et Porto-Vecchio (Corse du Sud), sont paralysés jeudi 3 octobre par un mouvement spontané des salariés des Chambres de commerce et d'industrie (CCI) de l'île, rapporte France Bleu RCFM. Ce jeudi matin un représentant du préfet de Corse a mis en doute la pérennité du système actuel de gestion des ports et des aéroports, gérés jusqu'à présent par la Chambre de commerce de l'île.

Selon France Bleu RCFM, jeudi après-midi, il n'y a plus aucun vol à destination ou en provenance de l'aéroport d'Ajaccio, tout comme à l'aéroport de Bastia. Concernant l'aéroport de Calvi, les syndicats laisseront atterrir le dernier avion de 18h45 en provenance de Marseille avant d'entamer leur mouvement. Les ports de Bastia et Ajaccio sont également bloqués. Des blocages sont également en cours à l'aéroport de Figari et au port de Porto-Vecchio.

Contactée jeudi par France Bleu RCFM, la compagnie Air Corsica assure mettre tout en œuvre pour accompagner les passagers en provenance et à destination du continent. Ces blocages ont aussi des conséquences sur la circulation. D'importants embouteillages sont annoncés à Bastia, entre l'aéroport et le centre-ville, où les temps de parcours atteignent jusqu'à près d'une heure supplémentaire.

"C'est une déclaration de guerre" de l'État

Ce mouvement syndical des salariés des CCI de Corse intervient après une assemblée de la Chambre de commerce houleuse qui s'est tenu jeudi matin à Ajaccio. Lors de cette réunion, le représentant de l'État Alexandre Patrou a émis des réticences sur le dispositif permettant à la CCI Corse de continuer à gérer les aéroports et ports de l'île. Il a fait valoir qu'il existait un "risque juridique important" et que l'État n'accorderait pas de blanc-seing. Les concessions arrivent à leur terme au 31 décembre et un appel d’offres pourrait décider de les attribuer au privé comme c’est le cas sur le continent depuis 2020. La Corse avait, jusque-là, obtenu un délai de quatre ans.

"C'est une déclaration de guerre" de l'État, a réagi ensuite Gilles Simeoni président autonomiste du conseil exécutif de Corse. "C'est une déclaration de guerre et je vous le redis, pour moi ce n'est pas négociable, il n'y aura pas de groupes internationaux qui géreront les ports et les aéroports de Corse."