C’est un témoignage fort. Sur une addiction peu connue mais destructrice, celle aux jeux d’argent. Dans un témoignage à nos confrères de Rugbyrama et de La Dépêche du Midi, Jérôme Bosviel, 35 ans, a révélé être tombé dans l’addiction au poker et au PMU, ce qui l’a notamment conduit à prendre de l’argent à ses propres coéquipiers, via le compte de l’association de l’amicale des joueurs.
«Je l’ai caché à tous mes proches. J’avais un sentiment de honte. Je suis l’aîné de la fratrie, je suis père de famille, je ne voulais pas en parler... Quand je venais au rugby, je ne pensais pas à ça. Mais une fois en dehors, je m’enfermais là-dedans», reconnaît-il.
Passer la publicitéCette caisse commune devait servir à organiser des moments de célébrations entre les joueurs de l’USM, notamment un voyage à Ibiza pour célébrer le titre de champion de France remporté l’an dernier au terme d’une phase finale épique. «Je savais que ce n’était pas bien mais c’était plus fort que moi, avec toujours cette idée de rembourser ce que je prenais», indique le meilleur buteur de l’histoire de la Pro D2, qui a vu un spécialiste pour régler ses problèmes.
«Ce qui est beau de la part de Jérôme, c’est qu’il a ouvert la porte au silence. Mais aussi à assumer qui on est, et à montrer que quand on est en difficulté, on a droit de le dire», a réagi Malik Hamadache, le président de Provale (syndicat des joueurs), auprès d’Actu Rugby .
Certains m’en ont voulu et m’en veulent encore. Je suis conscient que je les ai déçus
Jérôme Bosviel
Depuis, Jérôme Bosviel explique qu’il a remporté toutes les sommes qu’il a empruntées. Mais que cette affaire a plombé ses relations avec certains de ses coéquipiers. «Le lundi de la reprise, il y a eu une réunion avec tout le groupe. Je leur ai avoué pour la première fois ce que j’avais fait. Sur le moment, ça met forcément un coup, mais c’était nécessaire, raconte-t-il. Certains m’en ont voulu et m’en veulent encore. Je suis conscient que je les ai déçus.» Sans révéler combien il avait dérobé dans la caisse commune, le joueur originaire de Dordogne, passé notamment par Lyon et Bourgoin-Jallieu, avance que les sommes sont «bien moins que les rumeurs qui circulent».
Cette nouvelle affaire extra-sportive vient, une nouvelle fois, perturber le club de Montauban, qui retrouve l’élite pour la première fois depuis 15 ans et qui n’a glané que trois points de bonus défensif lors des six premières journées de la saison. Lors de la causerie de rentrée de la Ligue nationale de rugby, le capitaine de Montauban Fred Quercy avait déclaré, au site spécialisé Rugbypass, qui estimait que le sélectionneur du XV de France Fabien Galthié, qui l’avait entraîné à Montpellier au début des années 2010 : «Il avait été à la fois le meilleur entraîneur que j’ai eu, indiscutablement - et pourtant j’en ai eu des bons dans ma carrière - mais aussi la plus grande merde sur le plan humain». Il est convoqué devant la commission de discipline de la LNR le 15 octobre.
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Moins grave, le bouclier de champion de Pro D2 a récemment été volé lors d’une fête agricole proche de Montauban. La gendarmerie tarn-et-garonnaise a été mobilisée pour retrouver le trophée mais, pour l’instant, les recherches ont été infructueuses. La loi de Murphy semble frapper Montauban cette saison...