Quasiment un mois après avoir largué les amarres du port de Brest (le 7 janvier), Charles Caudrelier est sur le point d’en terminer avec le tunnel des redoutables mers du sud. Le skipper d’Edmond de Rothschild doit passer ce lundi le cap Horn pour entamer la longue remontée de l’Atlantique.
Mais le parisien de naissance se souviendra de ce franchissement compliqué dans une mer très désagréable, comme c’est souvent le cas lorsqu’on s’approche de la pointe du continent américain. Dans l’obligation de marquer un arrêt dans sa progression en fin de semaine dernière en raison d’une violente dépression, le leader a repris sa marche en avant mais les dernières nuits n’ont pas été de tout repos.
«Dernier empannage avant le Cap Horn, ça fait du bien parce que la mer était horrible en tribord. Il y avait 5, 6 mètres de mer et avec le vent qui tournait, j'étais de face», raconte Caudrelier dans une vidéo envoyée mardi matin par son équipe. «Ça fait du bien parce que c'était quand même bien violent par moments. À chaque vague, tu entends du bruit et tu te demandes ce qui va casser. (…) Là, je revis de glisser. Ce ne sera pas un Cap Horn volé !» , a ajouté le marin à qui il restera encore 7000 milles semés d’embûches avant de crier victoire, peut-être, à Brest.
Mardi à mi-journée, Caudrelier et son trimaran de 32 mètres lancé à 26 nœuds environ, disposait de 2801,8 milles d’avance sur Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) lancé comme une balle à plus de 35 nœuds, lui-même pressé par Sodebo de Thomas Coville, légèrement moins rapide (3e à 3076,1 milles).
Plus loin, Anthony Marchand (Acutal Ultim, 4e à 5932,8 milles ) affichait un joli sourire dans une autre vidéo enregistrée au cours de la nuit dernière. On le comprend : le skipper a passé le cap Leeuwin. «Voilà une bonne chose de faite. On va continuer d'essayer d'aller vite sous l'Australie, sous la Nouvelle-Zélande et bien gérer ce Pacifique... Allez y a du boulot », s’est réjoui le navigateur tenant dans la main un petit écriteau pour célébrer l’événement. Eric Péron (Adagio, 5e à 7520 milles) devrait être le prochain à rejoindre la pointe ouest de l’Australie dans quelques jours.