Alors que l'Ille-et-Vilaine, le Morbihan et la Loire-Atlantique demeurent en vigilance rouge pour les crues, la ville de Redon se prépare, jeudi 30 janvier, à voir la Vilaine atteindre un niveau historique dans les jours à venir. Entourée de rivières, de marais et d'un canal, la ville de Redon, qui compte près de 10 000 habitants, est particulièrement vulnérable aux inondations.
"Solidarité avec les habitants de l'Ouest qui font face à des inondations", a écrit le président Emmanuel Macron sur X, jeudi matin. "Pensées pour les maires. Je sais leur mobilisation et leur situation. Merci à eux du travail engagé avec leurs équipes et les services de l'État dont je salue l'engagement", a-t-il ajouté.
"L'état de catastrophe naturelle" déclaré dans les prochains jours
Les pluies ont saturé à nouveau cours d'eau et barrages, que les tempêtes Eowyn et Herminia avaient déjà fait déborder ce weekend, inondant plusieurs communes d'Ille-et-Vilaine. Alors qu'une habitante quitte sa maison et marche dans une rue inondée, l'"état de catastrophe naturelle sera déclaré dans les prochains jours", a affirmé sur franceinfo la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
Des passerelles en bois installées
Depuis mercredi 29 janvier, "l'accès au centre-ville de Redon est limité par filtrage mis en place par la gendarmerie. Il reste ouvert aux riverains, aux professionnels, aux services de secours et aux forces de l'ordre ainsi qu'au personnel des services publics", a indiqué la ville dans un communiqué.
L'eau s'engouffre dans le port
La ville de Redon retient son souffle avant une crue potentiellement historique de la Vilaine dans les prochains jours. "La ville est presque isolée", a expliqué le maire de Redon, Pascal Duchêne, alors que la circulation des trains entre Rennes et Nantes – via Redon – est interrompue, et qu'un seul grand axe de circulation routière est accessible.
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Le pic de la crue, pas défini avec certitude
Le pic de la crue de la Vilaine, dont les flots sont alimentés par les pluies qui se sont abattues mercredi sur la Bretagne, n'est pas encore défini avec certitude. "Il ne sera pas atteint aujourd'hui. Certainement demain", selon les dernières informations de la mairie de Redon.
Cela "peut-être jeudi ou vendredi, voire samedi. Avec les précipitations sur le bassin de l'Oust, je pense que le pic sera peut être vendredi", pronostiquait mercredi 29 janvier au soir pour l'AFP Jean-François Mary, président de l'agglomération de Redon et président de l'Établissement public territorial de bassin (EPTB) Eaux et Vilaine.
Le maire de Redon, Pascal Duchêne, affirme quant à lui que "les éléments que nous avons aujourd'hui [mercredi] prévoient un pic vers 17 h" jeudi, et non plus dans la nuit de mercredi à jeudi comme initialement prévu.
Déploiement de la sécurité civile
"Sur la Seiche et la Vilaine, les niveaux vont rester exceptionnellement hauts dans les prochains jours", avertit l'organisme de prévision Vigicrues dans son bulletin de 10 h, qui maintient l'Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique et le Morbihan en vigilance rouge. "Sur la Vilaine aval à Redon, la tendance reste à la hausse dans les jours qui viennent", insiste Vigicrues.
Quelque 750 habitants "susceptibles d'être impactés"
La mairie de Redon estimait à 750 (sur près de 10 000) le nombre d'habitants "susceptibles d'être impactés". Aucune nouvelle évacuation n'a été nécessaire durant la nuit et 27 sinistrés étaient accueillis jeudi dans un gymnase.
À Saint-Nicolas-de-Redon, de l'autre côté du pont inondé dont l'accès est bloqué par des gendarmes, 300 personnes ont été évacuées, selon la préfecture de Loire-Atlantique.
Au total, quelque 1 600 personnes ont dû quitter leur logement sur les deux départements limitrophes.
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Avec AFP