«Je me suis sentie horrifiée, je me suis sentie violée», a confié au Guardian Ashley St Clair, mère présumée d’un enfant d’Elon Musk né en 2024, après la publication d’une image d’elle détournée à des fins pornographiques. L’influenceuse conservatrice américaine accuse les soutiens d’Elon Musk d’utiliser Grok, l’intelligence artificielle développée par son entreprise xAI, pour créer et diffuser des images d’elle à caractère sexuel.
L’une des images manipulée montre Ashley St Clair en bikini, recourbée et de dos, lorsqu’elle avait 14 ans. «L’absence de consentement est au cœur du problème. Les gens disent que ce n’est qu’un maillot de bain, que l’image n’est pas explicite. Mais déshabiller un enfant sans son consentement est une infraction sexuelle», regrette-t-elle auprès du Guardian. La publication est restée douze heures en ligne sur le réseau social X ce lundi, avant d’être supprimée, selon le média britannique.
Passer la publicitéPour Ashley St Clair, la publication de ces photographies est «un nouvel outil de harcèlement.» Engagée politiquement en faveur du mouvement MAGA, Ashley St Clair est l’auteur d’un livre jeunesse intitulé Elephants Are Not Birds dans lequel elle expose son opposition à l’identité transgenre, et apparaît régulièrement sur le plateau de la chaîne conservatrice Fox News. En février dernier, elle a affirmé sur ses réseaux sociaux être la mère du treizième enfant d’Elon Musk, baptisé Romulus. Elle réclame que ce dernier reconnaisse sa paternité - ce qu’un test a depuis confirmé - et souhaite obtenir la garde exclusive de l’enfant.
Depuis ces révélations, Ashley St Clair se dit victime de propos injurieux de la part de fans du patron de X. «Ils essaient d’exclure les femmes de la conversation. Si vous prenez la parole, ou que vous publiez une photo de vous en ligne, vous êtes une cible facile pour ces gens-là. La meilleure façon de faire taire une femme est d’abuser d’elle», a-t-elle poursuivi. L’influenceuse a annoncé qu’elle envisageait de porter plainte, convaincue que ses photographies manipulées tombent sous le coup de la législation américaine contre le «revenge porn.»
Une polémique mondiale
Ashley St Clair n’est pas la seule victime de déshabillage virtuel par des utilisateurs de Grok. À la veille de la nouvelle année, le nombre de contenus à caractère pornographique crées à l’aide de cette intelligence artificielle s’est envolé sur X, le plus souvent sans le consentement des femmes et des jeunes filles mineures représentées. D’après l’ONG AI Forensics, la moitié des images générées par Grok pendant les fêtes de fin d’année représentaient des personnes partiellement dénudées. De quoi susciter la polémique et une forte réaction des législateurs.
En France, le député centriste Éric Bothorel a annoncé avoir saisi l’Arcom, le gendarme du numérique, face à ce qu’il a qualifié d’une «déferlante glauque de Grok se comportant comme un porc à la demande d’internautes dont les posts sont des infractions manifestes à la loi.» Le procureur de la République et la plateforme Pharos ont également été saisis par le gouvernement afin d’obtenir le retrait immédiat des publications.
De son côté, la plateforme X défend son système de modération. «Nous prenons des mesures contre le contenu illégal sur X, y compris les contenus montrant des abus sexuels sur mineurs, en le supprimant, en suspendant définitivement les comptes et en travaillant avec les gouvernements locaux et les forces de l’ordre si nécessaire. Toute personne utilisant ou incitant Grok à créer du contenu illégal subira les mêmes conséquences que si elle publiait du contenu illégal», a justifié un porte-parole.