Cauchemar en cuisine. Deux échecs consécutifs de projets d’espace de restauration auront donc décidé la Ville de Nice à reprendre les rênes - et les clefs - de la Gare du Sud, espace emblématique du cœur de Nice (Alpes-Maritimes). Après le naufrage du projet de halle gourmande, lancé en 2017, tantôt en surchauffe, tantôt trop froide puis fermée pour raisons d’hygiène, c’est désormais au tour de l’aventure «Meditteraneo», groupement de plusieurs restaurants amorcé en 2022, de s’achever.
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Et pour repartir d’un meilleur pied, rien de tel que la mairie de Nice, qui rachète le bail. En reconnaissant un changement de cap nécessaire. «Nous voyons bien que les food courts, qui avaient du succès il y a une dizaine d’années, ne sont plus forcément à la mode», a affirmé vendredi, Christian Estrosi dans les colonnes de Nice-Matin. Cette fois-ci, exit les restaurants - à l’exception d’un traiteur italien, franchisé du dernier repreneur le groupe Iera - puisque le lieu phare du quartier Libération de la ville devrait «abriter un centre culturel pluridisciplinaire».
Passer la publicitéRachat à dix millions d’euros
Dans un communiqué, la mairie précise que cet espace sera « construit autour d’une agora centrale, pensé comme un lieu de rassemblement, de détente, avec un café et un kiosque à journaux.» Le lieu promet également d’accueillir des spectacles et des conférences. Le projet, d’un coût total de dix millions d’euros, sera présenté lors du conseil municipal du 1er octobre.
Investir la Gare du Sud d’un projet culturel, le député niçois Éric Ciotti l’avait déjà proposé peu avant le second tour des dernières élections législatives en juillet 2024. Lui souhaitait y installer le Théâtre national de Nice, démoli en 2022 afin de laisser place à la coulée verte voulue par la municipalité.
«Cela n’a aucun sens de dire ça, c’est vraiment ne pas connaître comment fonctionne un théâtre», avait alors balayé Muriel Mayette-Holtz, la directrice dudit lieu, jugeant l’emplacement du bâtiment historique trop petit.
La Gare du Sud promet en tout cas d’être un lieu privilégié du combat fratricide que vont se livrer Christian Estrosi et Éric Ciotti lors des prochaines municipales en 2026.