Après trois ans d’exil, Rami Aman va enfin retourner à Gaza ; dans quelques semaines ou quelques mois… Il s’attend pourtant au pire : 92 % des habitations ont été détruites ou endommagées dans l’offensive génocidaire conduite par Israël. « Les Israéliens sont entrés dans Gaza en pensant que, dans chaque maison, il y avait des tunnels, des armes, des pères enseignant à leurs enfants comment tuer des Israéliens », s’insurge ce militant de 43 ans.
Sa sœur a été la première à retourner dans la maison familiale, dans la ville de Gaza, deux semaines après le cessez-le-feu. « Une héroïne », glisse Rami, dont le regard pétille quand il parle d’elle.
Sur les vidéos qu’il a reçues de sa maison, Rami a vu les murs extérieurs noirs de cendre et la voiture de son père calcinée. À l’étage, les soldats israéliens, qui ont occupé sa maison, ont tagué les murs et laissé des boîtes de conserve vides, des douilles de balles par dizaines. Rami y reconnaît aussi son bureau, d’où il a modéré des centaines d’appels vidéo entre Gazaouis et Israéliens. Un projet qui lui a valu la prison et l’exil.