REPORTAGE. "Le calme", "des tarifs abordables" : le département de la Loire attire toujours plus de touristes

Les vacances se profilent, 61% des Français comptent partir cet été, mais avec un budget moyen en baisse, d'après les données issues d’un sondage OpinionWay pour le comparateur de voyage Liligo. Ce contexte favorise les départements sans littoral et proches des grandes villes où les locations sont moins coûteuses. Le département de la Loire en est un exemple typique. Avec sa moyenne montagne, ses villages de caractère et ses sentiers de randonnée, il s’apprête à vivre une belle saison touristique.

Vue panoramique sur les montagnes, du vert à perte de vue, à Montarcher, petit bourg situé dans le Haut-Forez, au sud de Saint-Etienne, le gîte de Jacqueline et Marc Boudon sera complet tout l’été. S'il attire autant de monde, c'est "surtout pour la nature, souligne Marc. Il y a pas mal de circuits de VTT et de possibilités de marche." Mais les touristes viennent aussi, pour "le calme", ajoute Jacqueline. "Puis le gîte leur plaît, on essaye que ce soit le plus confortable possible."

Selon Marc, depuis le Covid, "les gens recherchent un peu de nature et peut-être un peu moins loin". De plus, dans leur gîte, "il y a le petit coin pour se rafraîchir et manger à l'extérieur. Les gens adorent ça ", souligne Jacqueline.

"Il y a la vue sur le Mezenc, sur la Haute-Loire, les Cévennes. On est quand même à 1050 mètres d'altitude."

Marc, propriétaire d'un gîte dans la Loire

à franceinfo

À 600 euros la semaine en pleine saison estivale pour un gîte de six personnes, il ne désemplit pas et attire une clientèle urbaine, venue de Lyon et Paris principalement.

La tranquillité et les prix, les atouts mis en avant

La Loire est le département le moins cher de France, selon la plateforme Airbnb. Ce qui explique aussi qu’elle ait le vent en poupe. Abritel une autre plateforme de location de vacances note une explosion du nombre de recherches : +80% en moyenne pour un séjour cet été dans la Loire, mais aussi l’Ain ou l'Allier.

Des départements sans littoral, mais avec de puissants atouts, comme le résume ce couple de vacanciers, croisé à Saint-Bonnet-le-Château, un village médiéval. "On habite vers Saint-Rémy-de-Provence, explique-t-elle. On est venu ici faire les gorges de la Loire et après aller dans le Haut Forez pour marcher. On espérait avoir un peu moins chaud que chez nous, puis être dans le vert." Le couple ne connaissait pas du tout la région, c'est une première pour eux. "On était monté jusqu'en Ardèche, mais jamais jusqu'ici", dit-il.

"Pour des vacances tranquilles, on a décidé de venir par ici et ça nous plaît beaucoup."

Un couple venu des Bouches-du-Rhône

à franceinfo

Le calme, on le trouve encore à Merle-Leignec, toujours dans les Monts du Forez. "On se croirait dans un petit Canada. Il y a des arbres tout autour, des grands sapins", vante Nicole Boyer, responsable du camping municipal. "Ici, ce qui fait le charme du camping, c'est quand même la tranquillité, le plan d'eau, la nature. On a beaucoup d'espèces, d'oiseaux, de choses à photographier pour les amateurs", souligne Jérôme Fayon, chargé de l’entretien.

Le mobilhome "Le Prestige" du camping Le Mergnécois, à Merle-Leignec, dans la Loire. (CELESTINE BEGALLA LOUYER)
Le mobilhome "Le Prestige" du camping Le Mergnécois, à Merle-Leignec, dans la Loire. (CELESTINE BEGALLA LOUYER)

Ce petit camping propose "cinq mobile homes à la location, pour 350 euros la semaine, détaille Nicole Boyer. Et on a le mobile home, le prestige, deux salles de bains, la clim, c'est le grand luxe, à 525 euros la semaine."

"On n'est pas sur la Côte d'Azur, c'est beaucoup plus calme, les tarifs sont bien plus abordables."

Jérôme, employé d'un camping dans la Loire

à franceinfo

"Pour quelqu'un qui veut simplement se détendre, passer un bon moment, tout oublier, c'est ici qu'il faut venir", met en avant Jérôme. "Je m'en occupe depuis 2014 et c'est en progression toutes les années ", se réjouit la propriétaire.

L'office du tourisme mène une campagne à Paris

Une progression constante, qui se calcule dans le tourisme en nombre de nuitées. Elles atteignent les 9,4 millions dans la Loire en 2024, selon l’association Loire Tourisme, soit une augmentation de 20% environ depuis 2021. Une progression touristique qui se travaille en coulisses, avec ce casse-tête : comment vendre un territoire qui n’a pas de totem, pas de monument iconique. Alors pour draguer les jeunes urbains, la Loire vante la déconnexion dans une campagne menée à Paris notamment dans le hall de la Gare de Lyon cette année, dans le métro l’an dernier et bien sûr sur les réseaux.

"Aujourd'hui, la Loire, c'est le premier département fibré de France, tient à rassurer Emmanuelle Colin, directrice de Loire Tourisme. Donc ce qu'on prône, ce n'est pas la déconnexion parce qu'on n'est pas connecté, c'est une déconnexion choisie pour décrocher pendant les vacances." Le département malgré tout n’est pas près d’accrocher le haut du classement. Il est le 68e département le plus fréquenté par les touristes, encore très loin des Alpes-Maritimes ou de la Charente-Maritime, deux champions toutes catégories.