Haïti tout près de sombrer dans « la guerre civile ». « Soit Haïti devient un paradis pour nous tous, soit (le pays devient) un enfer pour nous tous », tonnait l’ancien officier de police devenu chef de gang Jimmy Chérizier, surnommé « Barbecue ». Le pays, qui compte parmi les plus pauvres du monde, est la proie de violentes émeutes depuis quelques jours. Les bandes criminelles, qui contrôlent la majorité de la capitale Port-au-Prince et les principales routes qui serpentent sur le territoire, ont attaqué ces derniers jours une académie de police, des aéroports et même plusieurs prisons, permettant l’évasion de plusieurs milliers de détenus.
Les groupes armés réclament la démission du premier ministre Ariel Henry, au pouvoir depuis l’assassinat en 2021 du président Jovenel Moïse, et qui aurait dû quitter ses fonctions début février. Face à cette escalade, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence le 6 mars. « La situation est critique », a commenté après la réunion l’ambassadeur d’Équateur José Javier De la Gasca Lopez Dominguez.
En plein état d’urgence et couvre-feu nocturne, alors que les administrations et les écoles restent fermées, beaucoup tentent de fuir les violences avec leurs peu d’affaires sous le bras, les autres ne s’aventurant dehors que pour acheter l’essentiel. L’escalade de ces derniers jours a forcé 15.000 personnes à fuir leur domicile à Port-au-Prince, selon l’ONU qui a commencé à leur distribuer nourriture et produits de première nécessité. Le pays, actuellement sans président ni parlement, n’a connu aucune élection depuis 2016.