«Elle n’a pas trouvé son public» : à Lyon, les pompes funèbres revoient leur offre d’obsèques écologiques faute de succès

Changement de nom, nouvelle stratégie funéraire en faveur de la «transition écologique»...  Le pôle funéraire public de la métropole de Lyon a présenté ce mardi ses orientations pour 2025. Un service public, désormais nommé «Le Service Funéraire», qui représente 12% à 14% du marché dans l’agglomération lyonnaise. Depuis l’an passé, le pôle a lancé un «pack Naturalis» pour «inscrire les pompes funèbres dans leur époque, celle de la transition écologique» en se basant sur une étude Opinion Way de 2022 dans laquelle 73% des sondés se déclaraient «intéressés par des obsèques plus écologiques».

Huit fois moins de CO2

Mais un an plus tard, force est de constater que cette proposition, qui comporte «une absence de soins post-mortem, un cercueil en matière naturelle et fabriqué en France (absence de vernis, circuits courts…), un défunt habillé et entouré de matières et objets biodégradables et l’absence de création de nouveaux monuments», n’a pour le moment «pas trouvé son public», admet Le Service Funéraire. «Les obsèques sont un moment difficile durant lequel les familles ont un temps très court pour faire un choix de funérailles et il est difficile pour les familles d’aller vers des pratiques différentes de l’habitude», explique Sylvie Tomic, 3e vice-présidente du pôle, déléguée aux nouvelles pratiques funéraires.

Selon le pôle funéraire public, l’offre «Naturalis» traditionnelle présente un bilan carbone de 145 kg/CO2 par funérailles, contre 443 kg/CO2 par funérailles pour une crémation et 818 kg/CO2 par funérailles pour une inhumation en pleine terre avec monument.

Gel des tarifs en 2025

Ce service public est disponible dans quinze communes de la métropole, dont les deux principales, Lyon et Villeurbanne, depuis 1906. Son président, Laurent Bosetti, a annoncé ce mardi un gel des tarifs pour 2025. «La mort est malheureusement devenue un marché financiarisé, dominé par deux grands groupes internationaux adossés à des fonds de pension. (…) La présence d’un acteur public est absolument indispensable pour réguler le secteur et offrir une information sincère et transparente aux familles. (…) là où éthique et dignité devraient prévaloir face à la douleur et la vulnérabilité des familles», a-t-il conclu.

Fin 2023, La ville de Lyon a présenté sa stratégie publique funéraire pour elle aussi promouvoir de nouvelles formes de sépultures adaptées «à la transition écologique». Parmi elles, «l’humusation», «l’aquamation» ou la «lyophilisation». Autant de pratiques actuellement interdites en France, même si des expérimentations ont débuté à Bordeaux et Lille concernant le «compostage humain» avec des dépouilles d’animaux. De son côté, le pôle funéraire public a organisé en 2024 plusieurs réunions et tables rondes avec des chercheurs pour travailler sur ce sujet des «nouvelles formes d’inhumation».