Notre critique du film Qui brille au combat, petit bijou de sincérité

Notre critique du film Qui brille au combat, petit bijou de sincérité

Mélanie Laurent, Sarah Pachoud et Angelina Woreth dans Qui brille au combat, de Joséphine Japy. Copyright Association Française du Festival International du Film

CRITIQUE - Projeté à Cannes, le premier film de l’actrice Joséphine Japy, en forme de chronique familiale, raconte sans pathos la maladie génétique dont souffre sa sœur cadette.

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Voir Qui brille au combat, c’est un peu comme aller se baigner à la plage quand les vagues sont fortes. Tant pis si la mer est froide, tant mieux si la surprise est grande, on entre dans l’eau car on sait qu’après le choc thermique, la suite sera agréable. Voilà l’effet que produit le premier film de Joséphine Japy, 31 ans, en tant que réalisatrice.

L’actrice de Neuilly sa mère, Respire et qui incarna l’épouse de Tapie dans la série télé du même nom porte à l’écran son histoire personnelle, celle de la maladie génétique rare dont souffre sa sœur cadette Bertille, le syndrome de Phelan-McDermid, une forme d’autisme sérieux. Et elle le fait avec un récit semi-autobiographique sincère, délicat et remuant, mais tonique comme l’océan.

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Urgence vitale

Longtemps, le long-métrage a porté pour titre le prénom de cette petite sœur avant d’en épouser la signification étymologique, car Bertille veut littéralement dire « qui brille au combat ». Ce changement de titre résonne comme un saut dans le vide, celui qui permet au film de s’envoler. On y découvre la lutte d’une famille unie qui s’efforce de briller dans l’adversité.

Mélanie Laurent incarne avec ardeur et dévotion une mère courage qui a renoncé à son travail pour s’occuper à temps plein de sa fille. Elle déclare même avec une pointe de fatalisme : « Les médecins nous ont dit qu’elle peut mourir d’une seconde à l’autre, alors on se débrouille avec ça. » Cette abnégation maternelle est totale, mais ne laisse jamais la moindre place au pathos.

Au contraire, cette urgence vitale fournit le carburant du film : capter dans l’immédiateté des situations qui se présentent pour les métamorphoser en pépites de joie et de communion familiale. À l’image de cette scène de bataille d’eau improvisée dans la cuisine, ou la course impromptue de Bertille vers la forêt, sans oublier la découverte de la mer sur la Côte d’Azur.

Équilibre fragile

Pour autant, rien n’est acquis d’avance. Gilles, le père, incarné par l’acteur québécois Jean-Yves Cardinal, reste tiraillé entre culpabilité, épuisement, et la forte envie de fuir le théâtre des opérations en s’oubliant dans le travail. Ce que montre avant tout Joséphine Japy, c’est que Bertille (Sarah Pachoud, formidable) est devenue malgré elle l’épicentre de cette famille. En équilibre fragile autour de cette enfant imprévisible qui accapare toute l’attention, chacun tente de vivre comme il peut en tenant compte des exigences de la situation.

Au milieu de cette croisade où de jolis moments oniriques voisinent avec une réalité souvent crue, Marion, la grande sœur aimante de 17 ans, interprétée par Angelina Woreth (une révélation), tente de vivre sa vie. Son émancipation passe par une romance toxique avec un homme plus âgé qui ne laissera pas que de bons souvenirs…

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Dans la lignée de longs-métrages alliant résistance et résilience face à la maladie mentale, tels que La guerre est déclarée, de Valérie Donzelli, ou Lorenzo, de George Miller, ce premier film juste frappe fort. Un petit bijou de sincérité, comme une lettre d’amour écrite au cœur de la tranchée.

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