Roland-Garros : «Empereur Carlos V», «5h29 de légende», «Les regrets du numéro 1»… la presse internationale salue Alcaraz et Sinner
Carlos Alcaraz et Jannik Sinner se sont livrés une bataille épique 5h30 sur le court Philippe-Chatrier. Un moment d’histoire saluée par la toute la presse ce lundi.
Passer la publicité Passer la publicité«Empereur Carlos V», ainsi le quotidien espagnol AS couronne Carlos Alcaraz en Une de son édition de ce lundi 9 juin. Le prodige de 22 ans a réalisé un exploit colossal dimanche sur la terre battue de Roland-Garros en remportant la finale 4-6, 6-7, 6-4, 7-6, 7-6 face au numéro 1 mondial Jannik Sinner malgré un déficit de deux sets et trois balles de matches consécutives en sa défaveur. Une performance saluée unanimement par la presse française et étrangère.
Pour El Pais, «Paris découvre un autre esprit exceptionnel», en référence évidemment à Rafael Nadal et ses 14 titres Porte d’Auteuil. «Un Murcien (et aussi Martien) danse sur l’air d’Emmenez-moi de Charles Aznavour», ajoute le quotidien madrilène, tout aussi subjugué que son confrère de Marca : «Alcaraz au rythme de 22 Grands Chelems... Il vise déjà un doublé (Roland-Garros, Wimbledon) que seul Borg a réussi à réaliser dans l’histoire du tennis.» Le Suédois avait même réalisé cet exploit à trois reprises : en 1978, en 1979 et en 1980 .
Du côté de l’Équipe, on préfère saluer les «5h29 de légende», soit le temps passé sur le cours par les deux joueurs. Un record dans toute l’histoire du tournoi parisien. «C’est l’histoire qui s’est écrite sur terre», accentue le quotidien sportif français. Même chose pour Le Parisien/ Aujourd’hui en France qui narre «un combat épique pour reléguer aux oubliettes les 4h42 de Wilander face à Vilas en 1982.» Le Suédois, qui avait remporté la finale à l’époque, a confié à l’Équipe avoir été satisfait de voir son record tomber de cette manière : «Mon dernier record a donc été battu et j’en suis très content ! Car c’est incroyable de battre un record de durée dans un match d’un niveau pareil.»
Le couronnement d’un nouveau roi sur ocre
Dans les colonnes du Figaro, notre reporter présent sur place voit en cette finale le couronnement d’un nouveau roi sur ocre : «Si Sinner est bien le roi du dur, le nouveau roi de la terre, c’est Alcaraz.» Une sorte de passation de pouvoir, aussi, avec Djokovic, que Sinner a battu en demi-finale, et d’une manière générale le «big three» qu’il composait avec Roger Federer et Rafael Nadal, honoré en début de tournoi sur le court Philippe-Chatrier : «Alors que Federer, Nadal ont quitté la scène, que Djokovic pourrait bientôt raccrocher les raquettes, le tennis a encore de beaux jours devant lui avec ces deux champions.»
Évidemment, la déception est grande de l’autre côté des Alpes tant leur vedette est passée proche d’une première coupe de Mousquetaires. C’est la Gazzetta dello Sport qui résume le mieux l’état d’esprit général en titrant son édition du jour par «les regrets du numéro 1» : «Quelle douleur ! Jannik Sinner rêve et fait rêver, il est à deux doigts de remporter son premier Roland-Garros de sa carrière, puis cède au cinquième set après un match épique, un énième, remporté au super tie-break du cinquième set». Apparu touché comme rarement par ce premier revers en Grand Chelem, Sinner devra vite se remobiliser pour débuter la saison sur gazon. il jouera d’abord à Halle, en Allemagne, tandis qu’Alcaraz sera présent à l’ATP 500 du Queen’s pour commencer sa préparation avant Wimbledon.