À 27 ans et après 3 nouveaux sacres olympiques cet été à Paris, Simone Biles a été sacrée pour la cinquième fois Championne des championnes monde par le journal l’Equipe. La gymnaste s’est confié à nos confrères sur l’année qui vient de s’écouler, notamment sur la dimension historique de son nouveau titre olympique et sur le fait que ses records soient un jour battus ou non : « Au cas où je ne revienne pas, je pouvais difficilement rêver plus bel endroit que Paris pour achever mon voyage . J’ai souvent dit que cette dimension historique ne m’intéressait pas» a t-elle dit. «Les journalistes la signalent, mais je préférais me concentrer sur ce que je faisais, sur ce que serait la suite, la prochaine compétition… Maintenant, je pense qu’il est important de s’arrêter, de se souvenir des gymnastes qui ont posé ces pierres pour baliser mon propre chemin. Je peux me permettre de regarder en arrière, d’apprécier ce que j’ai réalisé, mes victoires, les records que j’ai pu battre. C’est juste dingue de les lire sur le papier ! Mais j’espère qu’il y aura une autre gymnaste qui pourra aller au-delà de ces acrobaties et ouvrir la voie aux futures générations. C’est excitant de se dire que je m’inscris dans l’histoire, et encore plus d’espérer qu’un jour une petite fille rêvera assez fort pour aller encore plus loin. »
L’athlète américaine s’est aussi confié sur les moments difficiles qu’elle a traversé avant de conquérir ce nouveau titre : « Honnêtement, ce qui me rend fière, ce sont les moments difficiles. La plupart des personnes qui observaient mon début de carrière n’en comprenaient pas vraiment l’intérêt, ça semblait si facile. Seulement, Tokyo s’est produit. Une grosse pierre dans mon cœur qui a révélé l’humain derrière la gymnaste» a t-elle dit, faisant référence au fait qu’elle n’avait pas gagné de titre à Tokyo alors qu’elle était blessée. La jeune femme a enfin parlé de la peur qu’elle a connue au moment de débuter les Jeux : « Revenir aux Jeux, c’était à la fois excitant, stressant et vertigineux. J’étais vraiment reconnaissante d’être de retour sur la scène internationale, d’avoir une nouvelle opportunité d’y représenter mon pays parce qu’après Tokyo, je n’étais pas sûre de pouvoir continuer la gymnastique. Être là, dans la belle ville de Paris, c’était comme une cerise sur le gâteau. Mais j’étais effrayée. Heureusement, j’avais une équipe formidable autour de moi. Ma famille était là, mes parents qui se sont toujours déplacés depuis que j’ai commencé la gym à six ans, à l’exception de Tokyo en raison du Covid, mon mari (le footballeur américain Jonathan Owens) qui a pu assister à mes deux premières finales (par équipes et individuelle), Cécile et Laurent (Landi, ses entraîneurs)… Et j’ai continué à parler à ma thérapeute presque chaque jour, c’est une routine dont j’ai besoin pour me libérer mentalement. » a t-elle dit, consciente de la chance qui est la sienne.