Plan de paix en Ukraine : nouvelle visite controversée de l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, à Moscou

L'émissaire américain Steve Witkoff doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine la semaine prochaine à Moscou pour discuter du plan pour trouver une issue à la guerre en Ukraine. Ce sera la 5e fois, en moins d'un an, qu'ils se rencontrent, alors qu'il ne s'est jamais rendu en Ukraine. C'est le membre de l'administration américaine qui a le plus rencontré Vladimir Poutine.

Steve Witkoff, c'est l'émissaire spécial de Donald Trump, un très proche qui partage sa passion pour le golf et l'immobilier. Un homme sans expérience diplomatique et dont les qualités de négociateur sont sérieusement mises en doute depuis hier.

Une conversation très embarrassante

Bloomberg a publié, mardi 25 novembre 2025, la retranscription d'une conversation téléphonique le 14 octobre 2025 entre Steve Witkoff et un conseiller russe, très proche de Vladimir Poutine. On découvre un Witkoff qui sort totalement de son rôle de médiateur, d'intermédiaire et qui conseille par exemple son interlocuteur sur la façon de parler au président américain : "Il faut le féliciter", dit-il. "Il faut dire que la Russie le soutient, qu’il est un homme de paix." Steve Witkoff ajoute : "J’ai dit au président Trump que la Russie a toujours voulu un accord de paix. Tu sais que j’ai le plus grand respect pour Vladimir Poutine." Il va même plus loin : " Je sais ce qu’il faudra pour conclure un accord de paix : Donetsk et peut-être un échange de territoires quelque part." Steve Witkoff qui fait donc la part belle aux revendications du Kremlin.

Le président américain a immédiatement été interrogé sur cet enregistrement par les journalistes dans Air Force One. "C'est quelque chose de standard, explique Trump, parce qu'il doit vendre cela à l'Ukraine, et il doit vendre l'Ukraine à la Russie. C'est ce que fait un négociateur. C'est une forme très standard de négociation."

Des parlementaires énervés

Un échange que banalise Trump, mais qui ulcère plusieurs parlementaires républicains, dont le représentant du Nebraska par exemple : "Toute cette affaire est un fiasco", dit-il, "Witkoff se comporte comme s’il était payé par la Russie. Il faut le virer."

Il faudra donc regarder à la loupe le retour Steve Witkoff à Washington, après son entretien, la semaine prochaine, avec Vladimir Poutine, si toutefois la rencontre a lieu.