Festival d’Angoulême : départ annoncé du très contesté directeur général Franck Bondoux

Mi-avril, quelque 400 auteurs et autrices de BD, dont plusieurs lauréats du Grand Prix, avaient appelé à « boycotter massivement » son édition annuelle. Trois mois plus tard, le Festival d’Angoulême s’apprêterait-il à tourner la page des pratiques de gestion controversées et du management toxique de sa direction révélés par l’Humanité Magazine en janvier dernier ? La société organisatrice du festival de la BD (FIBD) depuis près de 20 ans a, en tout cas, confirmé jeudi 24 juillet le retrait de son directeur en 2028. Franck Bondoux était au cœur des révélations de l’Humanité portant, entre autres, sur le licenciement en 2024 d’une salariée après sa plainte pour viol.

Avec leur appel au boycott en avril, les artistes réclamaient notamment l’ouverture à la concurrence de l’organisation du festival, après des craintes d’une reconduction tacite du contrat qui lie jusqu’en 2027 l’association propriétaire à 9eArt +.

Un bras de fer appelé à se poursuivre

« Les partenaires publics resteront vigilants à ce que les conditions de transparence et d’équité soient réunies tout au long de la procédure jusqu’à la désignation du futur lauréat », le 8 novembre, ont souligné les financeurs publics – dont la région Nouvelle-Aquitaine, le département de la Charente ou le ministère de la Culture – dans un communiqué de jeudi. Ce sont ces derniers qui ont annoncé, dans ce même texte, le « retrait » de Franck Bondoux « en qualité de délégué général du festival au terme du contrat qui lie sa société à l’association du FIBD, fin 2027 », mais aussi laissé entendre que la page 9eArt + était définitivement tournée.

Mais si elle confirme que son directeur ne souhaite « pas se maintenir à son poste à compter de 2028 », cette société n’a pas dit son dernier mot. Elle affirme également, en réponse aux déclarations des institutions publiques, que 9eArt + « n’est pas liée à (l) a seule personne » de Franck Bondoux et qu’elle « dispose de la possibilité de répondre à l’appel à projet ». Le bras de fer avec les acteurs du secteur n’est pas fini.

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