Plus que jamais la lutte contre le crime organisé doit être implacable. Le nouveau drame intervenu samedi dernier, à Ponte Leccia, en fait la plus cruelle démonstration. On pense à cette vie arrachée alors qu’elle commençait à peine, on pense à cette famille anéantie par la douleur.
La Corse a besoin d’État de droit, de transparence et de démocratie : de République.
Dans cette période, où par des règles barbares, certains cherchent à imposer leurs visées insupportables, il appartient en premier lieu à l’État d’agir pour mettre hors d’état de nuire ces individus.
Au-delà des résultats positifs obtenus contre le trafic de drogue dont il faut se féliciter, cette action déterminée ne peut être que celle de la police et de la justice avec les moyens nécessaires indispensables.
Il faut que les responsables de cet assassinat odieux soient interpellés et condamnés.
Dans ce contexte et après les déclarations du préfet de région Amaury de Saint-Quentin, nous réitérons notre demande de création d’une Commission d’enquête parlementaire sur l’emprise affairiste et mafieuse en Corse.
On ne peut imaginer de sursaut citoyen sans cette fermeté à l’encontre des criminels. Cela implique aussi de réduire le trafic et le stock d’armes individuelles. Ce sursaut citoyen n’aura de plénitude que s’il porte l’exigence de progrès social contre la précarité, la pauvreté et les inégalités.
La Corse est également une région de travailleurs pauvres où la question du juste partage de la richesse se pose fortement comme la nécessité de mettre un terme à la captation de la solidarité nationale au détriment de l’intérêt général et par conséquent à la domination économique et sociale de l’oligopole du Consortium des patrons corses.
Il n’y a pas que le culte du voyou ou du clandestin qui sape les fondements républicains de notre société et la promesse de liberté d’égalité et de fraternité, il y a cette réalité sociale et économique qui fait qu’une très petite minorité s’enrichît considérablement en même temps que la misère ne cesse de s’élargir.
Ainsi on peut craindre que l’évolution institutionnelle, assortie d’une zone franche fiscale revendiquée devant la Mission parlementaire par les représentants de la CCI, ne vienne offrir de nouvelles opportunités pour des appétits affairistes et mafieux d’autant plus conquérants.
Pour ces raisons, la mobilisation, populaire et démocratique, reste indispensable pour faire prévaloir la justice sociale et la paix. Les forces de progrès syndicales, associatives et politiques doivent y contribuer avec l’objectif de sortir la Corse de l’ornière mortifère dans laquelle elle se trouve.
Avant de partir, une dernière chose…
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