Mondiaux de ski alpin : «Envie de faire un truc en équipes», les Bleus enthousiastes avant la nouvelle épreuve du combiné

Nouveauté au programme cette année, le combiné par équipes fait son entrée aux Championnats du monde de ski alpin mardi à Saalbach et le format, testé avant son introduction aux Jeux olympiques en 2026, enthousiasme les athlètes peu habitués aux épreuves par équipes. La nouvelle épreuve, disputée en duo non mixte avec un descendeur et un slalomeur d'un même pays, remplace le combiné individuel, épreuve traditionnelle du circuit qui sacrait le skieur le plus polyvalent mais qui peinait à se renouveler alors que les athlètes sont de plus en plus spécialisés.

«On va dire que ça évitera certaines déconvenues visuelles pour le téléspectateur, avec des descendeurs qui perdaient le pied à tous les virages en slalom», sourit le descendeur français Maxence Muzaton. Comme lui, la plupart des skieurs semblent plutôt partants pour tester le nouveau format avant les JO-2026, où le combiné par équipes fera également son entrée. «Je pense qu'il ne faut pas être toujours négatif sur ce que la Fédération internationale (FIS) essaie de mettre en place», affirme le Français Nils Allègre. «J'espère que ça va plaire aux gens». «Moi, j'ai envie de faire un truc en équipes, ça nous manque dans notre sport et je pense que ça peut apporter un petit peu de fraîcheur sur le circuit», a-t-il ajouté.

Shiffrin renonce au géant

Depuis 2017, les Mondiaux de ski proposent un «Team Event», un géant parallèle qui se dispute par équipes mixtes et qui ne concerne donc pas les spécialistes des épreuves de vitesse. Mais l'épreuve, certes très télégénique, n'a qu'un intérêt sportif très anecdotique et est boudée par les plus grands noms du circuit. Après avoir figuré au programme des JO en 2018 et en 2022, elle a disparu de celui des Jeux de Milan/Cortina en 2026. Concernant le combiné par équipes, l'intérêt de la course risque de reposer sur les duos qui vont être alignés, alors que chaque pays peut présenter jusqu'à quatre équipes. Les fans espéraient par exemple une équipe américaine avec les deux reines du ski Lindsey Vonn et Mikaela Shiffrin. Si Vonn a affirmé la semaine dernière qu'elle «adorerait» faire équipe avec Shiffrin, estimant que «rien ne serait plus cool que d'avoir 181 victoires en Coupe du monde dans une seule équipe», Shiffrin, de retour de blessure, avait annoncé dans un premier temps qu'elle ne participerait pas à l'épreuve pour se consacrer au géant et au slalom individuels.

Lundi, Shiffrin a finalement annoncé renoncer au géant, se laissant du temps pour participer au combiné avec son amie d'enfance Breezy Johnson, sacrée championne du monde en descente samedi. «Après sa victoire samedi, Breezy m'a dit +si tu veux faire le combiné avec moi, j'en serai honorée. Pas pour la médaille mais parce que ce serait génial de boucler la boucle+», a raconté Shiffrin sur Instagram. Lindsey Vonn sera, elle, alignée avec la slalomeuse AJ Hurt.

Duos royaux pour la Suisse ?

Si les autres grands noms du circuit n'ont pas encore confirmé s'ils s'aligneraient ou pas, sur le papier, certains duos font rêver. Chez les Suisses par exemple, un Marco Odermatt ou un Franjo Von Allmen, respectivement sacrés en super-G vendredi et en descente dimanche, pourraient faire équipe avec Loïc Meillard, quatre podiums en Coupe du monde en slalom cet hiver. Et la Suissesse Lara Gut-Behrami, vainqueur du globe de la descente l'hiver dernier, pourrait former un duo avec Camille Rast, en tête du classement du slalom cet hiver.

Reste à savoir quelle stratégie vont mettre en place les pays: faut-il aligner les meilleurs avec les meilleurs, quitte à mettre tous ses œufs dans le même panier, ou former des duos plus homogènes pour tenter de décrocher plusieurs bons résultats? «L'idée, c'est d'être dans quelque chose de très efficace mais il y a pas mal de choses à regarder en fait pour faire un choix stratégique, on va en discuter», a indiqué le responsable de l'équipe de France masculine Fred Perrin.