Un enfant scolarisé à l’école élémentaire d’Alembert 2 à Perpignan a dégainé un couteau de cuisine en pleine récréation le 18 septembre, a appris Le Figaro auprès du parquet de Perpignan, confirmant des informations de L’Indépendant . «Nous allons faire procéder à l’audition des parents et à une évaluation de la situation de ce mineur», indique le procureur, Jérôme Bourrier.
L’enfant, dont le contexte familial semble être «préoccupant», selon Anne-Laure Arino, la Directrice académique des services de l’éducation nationale (Adsen), a évoqué lors de ses auditions, vouloir montrer qu’il était «capable» de ramener ce couteau à l’école. Il a depuis été exclu de son établissement.
Passer la publicitéLame de 8 centimètres
Alors que la journée venait tout juste de commencer, une enseignante qui surveillait la récréation du matin a vu arriver deux petites filles en courant qui ont crié : «madame ! Il a un couteau !» D’un pas tranquille pour ne pas faire paniquer l’enfant soupçonné d’être porteur du couteau, la professeur s’est alors dirigée vers l’élève en question. Ce dernier, avait pris soin de ranger l’objet. «Il a suivi l’enseignante sans violence», souligne Anne-Laure Arino qui nous indique avoir été avisée des faits «très rapidement, peut-être 15 ou 30 minutes après» l’incident, précise-t-elle.
La rectrice, qui a vu le couteau, évoque «une lame de 8 centimètres» que l’on peut trouver dans n’importe quelle cuisine. «C’est le genre de couteau qu’on met à table pour couper de la viande», compare-t-elle en ajoutant que l’enfant ne s’est toutefois ni montré violent avec ses camarades, ni les enseignants. Également auditionné, le professeur de l’élève a expliqué avoir créé une «bonne relation» avec lui et décrit un petit garçon «plein d’envie» concernant son apprentissage scolaire et surtout, un enfant qui «ne posait pas de problème».
L’école, située dans un quartier prioritaire, est divisée en deux parties, nous précise encore Anne-Laure Arino. Cette année, le jeune mis en cause est passé en CE2, dans «la cour des grands», souligne la rectrice. «L’année dernière, il faisait partie des plus âgés des élèves. Maintenant, il est devenu le plus jeune», poursuit-elle, évoquant une nouvelle fois un enfant fanfaron qui voulait peut-être impressionner les autres.
Réunion avec les parents
Une cellule d’écoute a été mise en place dès le lendemain des faits et cette dernière s’est poursuivie cette semaine. Une réunion avec les parents de l’école est également prévue. «On pourra répondre à leurs questions», assure Anne-Laure Arino qui confirme que l’enfant est bien définitivement exclu. «On expliquera où il va et ce qu’il sera mis en place», poursuit la rectrice qui alerte sur l’importance pour les parents de toujours vérifier les sacs de leurs enfants.
Désormais, la rectrice assure rester «en veille» sur le contexte familial du petit garçon, qui mérite «une analyse fine». Elle tient également à souligner «le tact et le professionnalisme des enseignants» dans cette situation qui n’a fait aucun blessé, rappelle-t-elle. «Ça aurait pu être pire, on pense à Strasbourg bien sûr» où un élève de 14 ans a, ce mercredi, agressé au couteau l’une de ses enseignantes. Dans cette affaire, le suspect avait notamment «une fascination pour le nazisme et les armes», d’après Élisabeth Borne.