Crues soudaines, vents à 270 km/h, glissements de terrain... La Jamaïque se prépare à affronter Mélissa, l’ouragan le plus puissant de son histoire

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La Jamaïque se prépare lundi à l'arrivée de l'ouragan Melissa, qui pourrait être le plus violent à jamais avoir touché terre sur son territoire, entraînant potentiellement des inondations et des glissements de terrain catastrophiques. «Ne vous aventurez pas à l'extérieur de votre abri sécurisé», a exhorté dans la matinée le Centre américain des ouragans (NHC), tandis que les autorités jamaïcaines pressaient les réfractaires à évacuer. «Évacuez aujourd'hui, car les conditions vont se détériorer», a insisté la ministre Dana Morris Dixon.

Quels territoires sont impliqués ?

Le phénomène météorologique continue de se rapprocher de la Jamaïque où il devrait toucher terre dans la nuit ou tôt mardi. Il évoluait déjà depuis plusieurs jours dans les Caraïbes, notamment en Haïti et en République dominicaine. L’épicentre de l’ouragan «devrait passer près ou au-dessus de la Jamaïque ce soir et mardi, traverser le sud-est de Cuba mardi soir, et se diriger vers le sud-est des Bahamas mercredi», a précisé le NHC, basé à Miami aux États-Unis.

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S’il ne perd pas en intensité, il s’agira de l’ouragan le plus puissant à frapper la Jamaïque depuis le début des suivis météorologiques. L’ouragan menace également l’archipel des îles Turques-et-Caïques, un territoire britannique.

À quel point l’ouragan est-il puissant ?

Avec des vents soutenus allant jusqu’à 270 kilomètres par heure, l’ouragan Melissa est classé dans la catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, soit la plus élevée. Il s’annonce dévastateur, avec des vagues «hautes et destructrices», selon le NHC. Il s’agit de la 13e tempête tropicale de la saison dans l’Atlantique, qui s’étend de début juin à fin novembre.

L’inquiétude est d’autant plus grande que l’ouragan Melissa évolue à une vitesse très basse, de 6 kilomètres par heure. Ses pluies torrentielles et vents puissants pourraient donc s’éterniser sur les localités affectées.

A-t-il déjà fait des victimes ?

Évoluant depuis plusieurs jours dans les Caraïbes, Melissa a déjà fait au moins quatre morts en Haïti et en République dominicaine, où un adolescent est toujours porté disparu. Les deux territoires étaient encore lundi sous la menace de pluies importantes pouvant entraîner des glissements de terrain et inondations.

Comment se prépare la Jamaïque ?

Des précipitations torrentielles pourraient entraîner jusqu’à plus d’un mètre de pluie par endroits sur le sol jamaïquain, a prévenu Michael Brennan, le directeur du NHC, insistant sur le risque de «crues soudaines catastrophiques et de nombreux glissements de terrain». Les habitants doivent «se trouver dans un lieu sûr et se préparer à y rester toute la nuit et une grande partie de la journée de mardi», a-t-il ajouté, les autorités météorologiques ayant par ailleurs alerté sur le risque de coupures prolongées d’électricité et des communications.

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À l’approche de l’ouragan, les autorités jamaïcaines ont fermé l’aéroport international Norman Manley, qui dessert la capitale Kingston, et les ports maritimes. Elles ont aussi exhorté la population à s’armer de prudence, des vidéos catastrophiques générées par l’IA circulant sur les réseaux sociaux. Le premier ministre de la Jamaïque, Andrew Holness, a prévenu lundi que l’ouragan Melissa pourrait provoquer des dégâts considérables et a appelé les habitants à prendre toutes les précautions nécessaires. «Je ne pense pas qu’une seule infrastructure de cette région puisse résister à un ouragan de catégorie 5», la plus élevée et celle déjà atteinte par Melissa, «donc il pourrait y avoir d’importantes destructions», a estimé le premier ministre.

Quels sont les précédents ouragans similaires ?

Le dernier ouragan majeur - de catégorie 3 ou plus sur l’échelle de Saffir-Simpson - à avoir touché terre en Jamaïque était l’ouragan Gilbert, qui avait fait 40 morts et d’énormes dégâts dans le pays en septembre 1988. Depuis, l’île avait été frappée par plusieurs ouragans, dont certains majeurs, le dernier en date étant Béryl, en juillet 2024, qui n’y avait toutefois pas touché terre.

Anormalement puissant pour cette période de l’année, il avait provoqué de fortes pluies et des vents violents, faisant au moins quatre morts. Malgré des débuts calmes, la saison 2025 des ouragans dans l’Atlantique, qui s’étire de début juin à fin novembre, devrait cette année être plus intense que la normale, selon les prévisions des autorités météorologiques américaines.