Ligue 1 : qui est Endrick, la star brésilienne de 19 ans prêtée par le Real Madrid à l’OL pour dynamiter son attaque ?

Endrick Felipe Moreira de Sousa, de son nom complet, est un prodige au sens moderne du terme : des records de précocité à la pelle, 15 millions d’abonnés sur Instagram l’OL n’en a que 2,6 , des compilations de ses buts dès l’âge de 12 ans sur YouTube… À 19 ans, le gaucher est déjà un attaquant internationalement renommé. Barré par la concurrence au Real Madrid, il a rejoint officiellement l’Olympique lyonnais, mardi 23 décembre, pour un prêt de six mois qui lui offre une opportunité de se relancer dans l'espoir de décrocher sa place à la Coupe du monde 2026.

Acheté pour près de 50 millions d’euros (selon le site spécialisé transfermarkt.fr) par le Real Madrid, alors qu’il n’avait encore que 16 ans et sept matchs professionnels à son actif avec Palmeiras, Endrick n’a pu rejoindre la Castille qu’à l’été 2024, une fois sa majorité acquise. Après une première saison d’intégration réussie (6 buts en 37 matchs), il a été rétrogradé dans la hiérarchie des attaquants par l’éclosion de Gonzalo Garcia (21 ans), produit de la formation madrilène. Son temps de jeu famélique depuis cet été (trois matchs disputés toutes compétitions confondues) l’a poussé à chercher un club européen pouvant lui offrir un poste de titulaire pour six mois, qu’il a trouvé entre Rhône et Saône.

Un buteur-né, même sous pression

Avant ces récents contretemps, la carrière d’Endrick suivait une progression constante. Surclassé et prolifique dans les équipes de jeunes de Palmeiras, il a signé son premier contrat professionnel le jour de ses 16 ans, le 21 juillet 2022, puis s’est immédiatement imposé chez les grands. Jusqu’à devenir l’un des héros du 12e titre national de Palmeiras, inscrivant six buts sur les huit dernières rencontres, dont un doublé lors du come-back historique contre Botafogo (4-3 après avoir été menés 3-0) et le but du titre lors de la dernière journée (1-1 contre Cruzeiro).

“Ce qui est remarquable avec Endrick, c'est qu'il a toujours marqué des buts décisifs, expliquait à L’Equipe Lucas Andrade, entraîneur des U20 de Palmeiras, qui a coaché le joueur dans plusieurs catégories de jeunes. Il a marqué en finale du championnat brésilien des moins de 20 ans, en finale de la Coupe juniors de São Paulo, en finale du tournoi de Montaigu en France avec le Brésil, et a continué sur sa lancée chez les professionnels…” 

Un sens du timing cultivé en club comme en sélection : il a marqué son premier but avec la Seleçao pour donner la victoire à son pays contre l’Angleterre (1-0), à Wembley, devenant du même coup le plus jeune buteur de l’histoire dans cette arène mythique. Ce qui lui a valu le numéro 9 à la Copa America 2024, où il n’a pas pu sauver un collectif brésilien défaillant (éliminé en quarts de finale par l’Uruguay), mais aussi un beau compliment de son sélectionneur d’alors, Dorival Junior : “S'il continue à faire preuve de la même attitude que jusqu'à présent, il deviendra un nom très important dans le football brésilien et mondial.”

Endrick célèbre avec Vinicius Junior son premier but sous le maillot de la Seleçao contre l'Angleterre au stade Wembley de Londres, le 23 mars 2024. (Mi News / AFP)
Endrick célèbre avec Vinicius Junior son premier but sous le maillot de la Seleçao contre l'Angleterre au stade Wembley de Londres, le 23 mars 2024. (Mi News / AFP)

L’avant-centre n’a pas perdu son sens du but à son arrivée en Europe : ses six réalisations en 863 minutes la saison passée le situent dans une très bonne moyenne de 0,62 but par 90 minutes. Il a surtout montré au plus haut niveau sa mobilité et son étonnante puissance malgré un petit gabarit (1,73 m). Une qualité qu’il doit à ses cuisses musclées, forgées, selon lui, pendant son enfance dans les rues de Vila Guaira, proche de la capitale administrative Brasilia. “Quand j'avais ton âge [quatre ans], notre rue était située sur une colline, écrivait-il dans une lettre adressée à son petit frère publiée sur le site The Players’ Tribune. On jouait au foot là-bas avec tous les garçons du quartier, et si on est devenus si bons, c'est en partie parce que quand le ballon roulait en bas de la colline, celui qui avait raté le but devait courir après jusqu'en bas, dans la favela.”

Attaquant rapide et spontané, Endrick saura peut-être mieux exploiter les espaces que Martin Satriano (24 ans), pour qui le costume de titulaire à l’OL était clairement trop grand (trois buts en 17 matchs). La comparaison n’est pas flatteuse pour l’ancien Brestois, qui a deux fois moins marqué dans sa carrière que le prodige brésilien, de cinq ans son cadet : Martin Satriano compte 15 buts en carrière, contre 31 pour Endrick. De quoi redonner de l’allant à l’attaque lyonnaise, la moins prolifique des neuf premiers du championnat français avec 22 buts inscrits.