Haro sur les véhicules hybrides rechargeables (PHEV), au cœur depuis le mois de septembre d’une controverse environnementale et économique. Ces voitures, très populaires - les PHEV connaissent une progression spectaculaire, atteignent 9% de part de marché en Europe contre 6,9% un an plus tôt - sont beaucoup plus polluantes que leurs objectifs affichés.
C’est le résultat de deux études, celle du Boston Consulting Group (BCG) pour le compte de Chargemap, et de l’ONG T&E, à partir des données officielles de l’Agence européenne pour l’environnement (septembre et octobre 2025). Selon BCG, les véhicules hybrides rechargeables ne fonctionnent en mode électrique que 45 à 50% du temps pour les particuliers, et seulement 10 à 15% du temps pour les voitures de société Très loin, des 80% initialement prévus par les constructeurs.
Passer la publicitéEn cause, les usagers de ces voitures ne les rechargent pas, comportement qui entraîne des émissions réelles deux à cinq fois supérieures aux objectifs officiels de ces voitures, indique BCG (chiffres respectifs pour les flottes particulières et les flottes d’entreprises). De même en mode électrique, les hybrides rechargeables consomment en moyenne 3 litres d’essence aux 100 kilomètres, émettant ainsi 68 grammes de CO2 par kilomètre - soit 8,5 fois plus que les valeurs annoncées, indique T&E.
Une proposition surprise de l’industrie allemande
Face à ce constat embarrassant, l’industrie automobile allemande vient de faire part d’une idée surprenante. Hildegard Müller, présidente de l’Association allemande de l’industrie automobile (VDA), propose ni plus ni moins une forme de recharge obligatoire des PHEV.
«À l’avenir, les véhicules hybrides rechargeables pourraient être conçus de manière à ce que la recharge régulière soit obligatoire», a déclaré Hildegard Müller au quotidien allemand FAZ. Sur une distance encore à définir, la batterie devrait être rechargée au moins une fois, précise-t-elle.
Et le système serait coercitif : si le conducteur ignore les avertissements l’invitant à se brancher à une borne de recharge, «les performances du système pourraient être automatiquement réduites». En clair : quiconque refuse de recharger son véhicule hybride rechargeable verrait la puissance de son moteur bridée. «De telles mesures encouragent précisément la conduite électrique», affirme la présidente de la VDA.
Éviter les amendes de l’UE
Cette proposition intervient dans un contexte de pression réglementaire croissante. L’Union européenne a entamé un ajustement progressif du calcul des émissions des hybrides rechargeables, avec un renforcement prévu début 2026 et début 2027.
Passer la publicitéCes nouveaux calculs pourraient s’avérer extrêmement coûteux pour les constructeurs. Si les hybrides rechargeables, sont désormais pris en compte à hauteur de leur émission CO2 réelle, révélée par l’Agence européenne pour l’environnement : il deviendra plus difficile pour les constructeurs de respecter les seuils réglementaires. Le problème : en cas de non-respect, les constructeurs s’exposent à des amendes de l’UE, 95 euros par gramme excédentaire et par véhicule neuf vendus, soit des enjeux à plusieurs milliards d’euros. Une raison qui pousse l’industrie allemande à se creuser la tête pour éviter à tout prix ce scénario.