Depuis plus de six décennies, Cuba est victime d’un sévère blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis, dont la persistance a de profondes répercussions sur la vie des Cubains. Bien qu’il ait été défendu comme un outil de pression politique, dans la pratique, il s’est avéré être une politique qui nuit à la population, limite le développement national et suscite une condamnation quasi unanime dans les forums internationaux.
L’origine du blocus réside dans la réponse hostile du gouvernement états-unien aux transformations souveraines entreprises par la Révolution à partir de 1959. Étant donné que les intérêts des États-Unis sur l’île ont été compromis, ces mesures ont été perçues comme une menace pour leur hégémonie dans la région. En conséquence, une politique de pression maximale a été mise en œuvre afin d’étouffer l’économie cubaine, de provoquer des pénuries et du mécontentement, et de susciter une explosion sociale dans le but de changer l’ordre constitutionnel légitimement établi par le peuple cubain.
Au fil des ans, le blocus a été renforcé par des instruments juridiques tels que la loi Torricelli et la loi Helms-Burton et, malgré les changements d’administration à Washington, il a non seulement été maintenu, mais aussi intensifié, affectant tous les secteurs de la vie nationale, de la santé et l’éducation à la culture et la technologie. Son caractère extraterritorial — en pénalisant les pays tiers, les entreprises et les entités qui maintiennent des liens avec Cuba — le transforme également dans un outil de pression qui enfreint les principes du droit international.
Actuellement, Cuba est confrontée à de sérieux obstacles pour acquérir des biens d’équipement, des fournitures médicales, des technologies, des carburants et des produits agricoles, ce qui a des répercussions directes sur des secteurs vitaux tels que la santé, l’alimentation, l’énergie et le développement technologique.
En outre, les services financiers sont fortement restreints : de nombreuses banques internationales évitent de réaliser d´opérations avec Cuba par crainte de sanctions secondaires, ce qui rend difficiles les transactions commerciales, l’accès au crédit et les investissements étrangers. Entre le 1er mars 2024 et le 28 février 2025, le blocus a causé des dommages matériels estimés à 7 556,1 millions de dollars, soit une augmentation de 49 % par rapport à la période précédente, reflétant l’intensité et la portée croissantes de cette politique 1.
À cela s’ajoute le fait que le gouvernement des États-Unis a mis au point un ensemble de mesures comprenant la persécution des accords de coopération médicale internationale, ainsi qu’une offensive constante contre le tourisme qui arrive dans le pays. Les campagnes de désinformation et de manipulation sur les plateformes numériques, promues et financées depuis le territoire états-unien, font également partie de cette stratégie, qui essaie de miner la stabilité interne et de discréditer le gouvernement cubain.
Face à cette réalité, l’alternative la plus juste est la levée immédiate et inconditionnelle du blocus. Depuis 1992, Cuba présente chaque année à l’Assemblée générale des Nations unies une résolution intitulée « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis contre Cuba », qui a reçu un soutien massif de la communauté internationale.
Malgré ce soutien quasi unanime, le gouvernement des États-Unis persiste à ignorer la revendication mondiale contre une politique considérée comme illégale et inhumaine. Les voix se multiplient, à l’intérieur et à l’extérieur de Cuba, pour exiger non seulement la fin du blocus, mais aussi l’exclusion de l’île de la liste unilatérale des États soutenant le terrorisme.
Dans ce contexte, l’attention internationale se concentre à nouveau sur les 28 et 29 octobre, dates auxquelles l’Assemblée générale des Nations unies soumettra au vote la résolution exigeant la fin du blocus. Ces journées seront l’occasion pour la communauté internationale de réaffirmer son engagement en faveur de la justice, de la légalité et de la solidarité, et pour le gouvernement des États-Unis d’entendre le cri presque unanime de l’humanité qui réclame la fin d’une mesure injuste, inhumaine et obsolète.
Rapport de Cuba en vertu de la résolution 79/7 de l’Assemblée générale des Nations Unies intitulée « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba ». Mai 2025
- Rapport de Cuba en vertu de la résolution 79/7 de l’Assemblée générale des Nations Unies intitulée « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba ». Mai 2025 ↩︎
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