Sous le chapiteau des Folies Gruss, la comédie musicale entre en piste

La lumière des Folies Gruss se rallume. Jeudi 16 octobre à 9 heures, la troupe entame la répétition de son 52e spectacle. Cette année, les membres de la famille prennent le pari risqué de la comédie musicale, écrite par Stéphan Gruss. Le fils aîné d’Alexis Gruss -décédé en novembre 2024- a supervisé la composition de chaque chanson et imaginé chaque tableau. À la tension des dernières répétions, s’ajoute la pression d’une famille qui veut se prouver qu’elle peut encore écrire son histoire, sans trahir son nom.

Sous le grand chapiteau, situé dans le bois de Boulogne, les câbles serpentent encore sur le sol sablonneux. Stephan Gruss et son fils Alexandre s’affairent à régler la barre de trapèze. Au-dessus de l’entrée de la scène, l’orchestre s’installe sur son estrade, les partitions glissent sur les pupitres, pendant que les régisseurs règlent les volumes sonores. « Arrêtez, c’est chiant », lance un musicien, se plaignant d’un acouphène. L’ambiance est tendue mais vivante. Dans quelques jours le nouveau spectacle doit se produire, le premier sans Alexis Gruss.

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Six générations d’artistes

Le patriarche laisse derrière lui un héritage immense : un cirque reconnu sans animaux exotiques, mais avec des chevaux, toujours, et une famille qui voit sa sixième génération prendre part au spectacle. De Gipsy Gruss, 79 ans, à Venicia Florees, 10 ans, toutes les générations sont réunis sous le chapiteau dès le premier tableau, intitulé « Réunion de famille ». Il débute par une saynète dans laquelle les membres de la famille discutent de la nouvelle direction du spectacle. « Quand Papa était là, c’est lui qui tranchait, confie Stephan, l’aîné de la fratrie. Il savait où était la ligne. Maintenant, il faut apprendre à décider ensemble. »

Il faut se renouveler, comme nos parents nous l’ont appris

Stephan Gruss

Résultat : la troupe des Folies Gruss choisit d’innover, en intégrant des scènes de comédies musicales. Alors que le nombre de comédie musicale augmente en cette fin d’année à Paris, Stephan Gruss affirme qu’il n’a pas souhaité « répondre à une tendance. Il faut se renouveler, comme nos parents nous l’ont appris. J’ai toujours été passionné par les comédies musicales et j’avais déjà proposé cette idée il y a une dizaine d’années », explique-t-il. 

Lors du dernier spectacle, la troupe a fait appel à un comédien et une chanteuse. Cette année, ce sont bien les membres de la famille qui chantent, et ce, dès les premières minutes du show. Lorsque Gipsy, la veuve d’Alexis Gruss, évoque dans le premier tableau l’idée de prendre sa retraite, la musique se lance et toute la famille se met à danser et chanter les exploits de la matriarche. En coulisses, ont-ils dû se donner autant de mal pour la convaincre de continuer ? « Ils ont toujours réussi à me trouver un rôle chaque année, s’amuse Gipsy Gruss. C’est aussi la continuité du départ d’Alexis, il faut lui rendre hommage.»

Place à la jeune génération

La relève est en tout cas assurée. Jeanne et Venicia expérimentent cette année de nouveaux numéros aériens. La plus jeune réalise ce numéro sans ligne de sécurité. « Je suis ravie de les voir continuer de progresser dans le spectacle. Mais ce n’est que le début, il faut qu’elles aillent encore plus loin », déclare leur grand-mère. De leur côté, Célestine et Gloria, 14 ans, débutent l’acrobatie à cheval.

Les jeunes filles ne sont pas épargnées par la pression à quelques jours du lever de rideau. Alors que Jeanne, 19 ans, démontre toute son aisance sur le trapèze, un faisceau lumineux mal réglé éblouit la jeune femme et l’empêche de terminer numéro. « Je vois rien », s’agace-t-elle. « Si elle a la lumière dans le visage, ça ne va pas le faire », enchérit Firmin. « Il y a de la tension car c’est un spectacle qui nous tient à cœur. Mon père n’est plus là pour approuver nos numéros. Nous voulons que le public soit content », affirme Stephan Gruss.

Dans le 52e spectacle des Folies Gruss, Charles Gruss démontrera toute son agilité dans un numéro de voltige cosaque. Folies Gruss
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Cette année encore, le public ne pourra qu’être captivé par la beauté des numéros équestres. Si la comédie musicale s’est invitée aux Folies Gruss, les numéros équestres seront toujours bien présents. « Nous les mettons même encore plus en avant dans le prologue du spectacle en présentant tous les chevaux par leur race et leur nom », assure Maud Florees Gruss, responsable de toute la partie équestre.

En tout, quarante des cinquante chevaux présents dans l’écurie participeront au spectacle. « Tous les numéros sont articulés autour des chevaux », insiste-t-elle. Le spectacle des Folies Gruss ne dérogera donc pas à la tradition, à une exception près. Le vieux chapiteau sera remplacé l’année prochaine. Une nouveauté qui devrait combler les spectateurs puisque l’infrastructure sera dépourvue de poteaux verticaux, garantissant une meilleure visibilité.

Lever de rideau des Folies Gruss dimanche 19 octobre à 15 heures.

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