À peine démarré déjà arrêté. Ce mercredi 1er mai, le cortège parisien officiel n’a pas mis plus de quelques mètres avant d’être bloqué par les premièrs éléments des blacks blocs et d’autres groupes radicaux qui stationnaient devant lui. La scène s’est répétée à de nombreuses reprises au cours du trajet qui allait de la place de la République à Nation. Une déconvenue pour les syndicats qui étaient parvenus à rassembler 18.000 participants à Paris.
En cause, la présence de plusieurs centaines d’éléments venus pour tout autre chose que fêter le travail. Si la situation est devenue habituelle ces dernières années, son ampleur n’était que plus importante dans un contexte politique et géopolitique tendu. Bien que présents, le nombre de drapeaux palestiniens restait limité. En revanche les tags est inscriptions répandus tout au long du parcours multipliaient les références au conflit en cours à Gaza. À l’approche des élections européennes, les manifestants avaient également pris pour cible le chef de l’État et la droite nationaliste.
EN DIRECT - 1er-Mai : 121.000 manifestants en France, selon le ministère de l’Intérieur
En face, la préfecture de police avait prévu les grands moyens. Plusieurs milliers de membres des forces de l’ordre étaient mobilisés. Ces derniers ont été régulièrement pris à partie par l’avant-cortège. Ces tensions n’ont pas mis longtemps à dégénérer en dégradations. Plusieurs explosions ont commencé à se faire entendre avant même d’arriver place de la Bastille. Plusieurs magasins, abribus et panneaux publicitaires ont été vandalisés.
La tension est encore montée d’un cran à l’entrée de l’avenue Daumesnil où un véhicule a été incendié, obligeant la police à faire usage de gaz lacrymogène. À 18 heures, la police faisait état de 45 interpellations.
Des syndicats dispersés
Ces évènements ont fait passer au second plan les nombreuses revendications des centrales syndicales. En tête du défilé, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a dénoncé «la casse sociale» menée par le gouvernement. Elle s’en est également prise à la réforme de l'assurance-chômage. «Il faut qu'il (Emmanuel Macron) arrête de prendre l'argent de nos cotisations comme son tiroir-caisse», a-t-elle critiqué. À l’approche des élections européennes, la leader syndicale a fait également fait de la lutte contre la droite nationaliste un de ses chevaux de bataille. Enfin, à quelques mois des Jeux olympiques, elle a rejeté le risque de grève sur le dos du gouvernement. «Cela fait deux mois que l’on demande une table ronde à Matignon. Nous n’avons pas eu de réponses. Comment voulez-vous que les JO se passent bien dans ces conditions», a-t-elle menacé.
Des thèmes toutefois moins porteurs que la réforme des retraites, qui étaient au cœur de la mobilisation il y a un an. L’opposition au recul de l'âge de départ légal à 64 ans avait poussé 800.000 Français à battre le pavé en 2023, contre 121.000 aujourd’hui. L’unanimité n’était pas non plus de mise parmi les syndicats. Seuls les numéros un de la CGT, l’UNSA et la FSU étaient présents en tête du cortège parisien. Marylise Léon, pour la CFDT, était à Nancy et Frédéric Souillot, de Force ouvrière, à Montauban. En revanche pas de trace de la CFTC et de la CFE-CGC à l’avant du cortège. «Les 1er mai ne se comparent pas», s’est défendu Laurent Escure, secrétaire générale de l’UNSA.