Pas de doublé historique pour Jimmy Gressier, qui rêvait de devenir le troisième fondeur de l’histoire – aux côtés de l’Éthiopien Kenenisa Bekele (2009) et du Britannique Mo Farah (2013 et 2015) – à réaliser le doublé 5.000-10.000m lors d’une même édition des Championnats du monde. Mais le Français a néanmoins confirmé, ce dimanche, que le titre qu’il a décroché il y a une semaine sur le 10.000m ne devait rien au hasard en finissant le 5.000m sur une très belle 3e place, ce qui lui permet d’apporter une deuxième médaille à l’équipe de France. Lui, le seul pourvoyeur de podium à Tokyo pour un collectif hexagonal par ailleurs dans le dur, comme redouté avant le début de la compétition.
Dans le dur, Gressier ne l’a jamais été réellement lors de cette finale du 5.000m qui, comme celle du 10.000m, se déroulait sur un tempo plutôt lent, qui convenait parfaitement au natif de Boulogne-sur-Mer, dont les qualités de finisseur pouvaient lui permettre d’ambitionner l’or. Tapi pendant plus de la moitié de la course à la 6e place, laissant tour à tour les Américains et les Éthiopiens mener la danse, Gressier reculait un instant autour de la 10e place, avant d’accélérer très fort dès le dernier tour entamé. Le Français de 28 ans se replaçait idéalement en 3e place, mais il ne pouvait rien face au TGV américain Cole Hocker, impressionnant lors des 300 derniers mètres lors desquels il débordait tout le monde, Gressier y compris, pour s’imposer en 12’58’’30.
Derrière, le Nordiste tentait bien de s’accrocher aux basques du Belge Isaac Kimeli, mais celui-ci résistait parfaitement pour prendre la deuxième place avec au passage sa meilleure performance de l’année en 12’58’’78. Gressier, lui, tournait à plusieurs reprises la tête pour vérifier que personne ne reviendrait plus lui chiper le bronze qui lui tendait les bras, lui qui achevait sa course en 12’59’’33.