COUPS DE COEUR
Le public croate et un stade au charme désuet
Rien que pour la chaude ambiance, dans un stade Poljud d’un autre temps, ce déplacement à Split valait le coup. Que ce soit avant, pendant ou après le match, les 33.000 supporters croates ont parfaitement rempli leur rôle de douzième homme. Ce fut bruyant et intense, mais aussi chargé d’émotions avec notamment l’hommage au Français engagé dans l’armée croate Jean-Michel Nicolier juste avant le coup d’envoi. Si la sono aurait pu être moins puissante, les chants, les encouragements et la chaleur du public resteront un moment fort de cette soirée.
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Maignan et Digne, les seuls à surnager
Dans l’échec des Bleus (2-0) jeudi soir, Mike Maignan et Lucas Digne peuvent garder la tête haute. Ce qui n’est pas le cas de tous les autres titulaires, passés à côté de leur rendez-vous. En détournant le penalty de Kamaric en début de match (8e), le portier des Bleus a une nouvelle prouvé sa qualité dans ses exercices et aurait pu penser que cela réveillerait ses troupes. Raté. Seul défenseur à surnager, Lucas Digne s’est montré appliqué et discipliné, toujours guidé par le désir d’apporter des solutions. Des valeurs de base qui ont fait défaut au collectif français.
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COUPS DE GRIFFE
Des Bleus catastrophiques
Didier Deschamps a reconnu le côté « apathique » de ses troupes et un match « laborieux », avec notamment une première mi-temps indigne de l’équipe de France. S’il n’a pas voulu incriminer tel ou tel élément, la prestation d’ensemble fut calamiteuse pendant quarante-cinq minutes. Forcément, ce ne pouvait être pire au retour des vestiaires tant les Bleus ont sombré dans tous les secteurs de jeu (agressivité, duels, précision technique, animation offensive...), apparaissant empruntés, lourds et parfois suffisants. A l’image d’une défense dépassée et d’individualités naufragées (Koundé, Konaté, Saliba…).
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Deschamps s’est trompé avec Dembélé
En décidant de placer Ousmane Dembélé en numéro 10, derrière le duo Kolo Muani-Mbappé quand les Bleus avaient le ballon, le sélectionneur a raté son coup. Cerné dans le trafic de l’entrejeu et peu trouvé, le Parisien qui ne cesse de planter des buts (22 réalisations en 2025, meilleur buteur européen) est apparu trop loin de la zone de vérité. A Paris, il est à la finition des actions, d’autres se chargent de le fournir en munition. En Bleu, tout est différent. Après la pause, il est revenu coller la ligne à droite, avec plus ou moins de réussite. En peu de temps, Deschamps n’a pas trouvé la bonne formule. Prochain défi dimanche.
Un milieu de terrain à l’agonie
Si Dembélé et Mbappé ont peu été trouvés, c’est aussi à cause d’un milieu de terrain passé à côté de sa rencontre. Le trio Guendouzi, Tchouaméni, Rabiot a fait grise mine face à l’entrejeu croate. Incapables de se faire deux passes, battus dans les duels et l’agressivité, les trois internationaux ont affiché des limites inquiétantes. Quand la bataille du milieu est perdue, la rencontre l’est souvent aussi. A coup sûr, le staff des Bleus opérera des changements dans ce secteur de jeu dimanche soir quand il faudra renverser la Croatie. Un milieu qui domine, c’est une obligation au Stade de France.