Top 14 : «Je suis venu au Racing pour chercher des responsabilités», lance le prometteur Léo Carbonneau

Changement de dimension. Convoité par de nombreuses équipes du Top 14, le jeune et prometteur demi de mêlée Léo Carbonneau a choisi de quitter Brive, en Pro D2, et de s’engager pour les quatre prochaines saisons avec le Racing 92, qui veut retrouver son lustre passé après avoir manqué les phases finales l’an dernier pour la première fois depuis son retour dans l’élite en 2009-2010. Le fils de Philippe Carbonneau - brillant international français (32 sélections dans les années 1990) - arrive dans les Hauts-de-Seine, à 20 ans, pour succéder à Nolann Le Garrec, ancien enfant du club parti au Stade Rochelais.

Champion du monde U20 en 2023, l’ancien Coujou va former une charnière estampillée «Pro D2» avec l’ouvreur Ugo Seunes (24 ans) qui avait brillé, lui, avec Aurillac. Après l’échec de sa politique de recrutement de stars (le Sud-Africain Siya Kolisi puis l’Anglais Owen Farrell), le Racing 92 mise sur la jeunesse française. Et Carbonneau «incarnera l’ambition sportive du club pour l’avenir», avait souligné le club altoséquanais quand il a officialisé son arrivée. Après la déroute face à Lyon (32-7) en ouverture, les Ciel et Blanc sont déjà sous pression avant de recevoir, à Paris La Défense Arena, l’UBB championne d’Europe.

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Sa première à l’Arena

«J’ai hâte de jouer dans ce stade-là. Et aussi, de faire une performance complètement différente de la première journée à Lyon. On veut montrer qu’on est rentré dans le Top 14 et faire un bon match. On a fait une contre-performance contre Lyon. Après, ça arrive dans le Top 14… On a surtout hâte maintenant de se reprendre et de faire un bon match contre Bordeaux. Pour bien lancer cette saison.»

En regardant le match contre Lyon, c’est un sentiment d’impuissance, de n’avoir rien fait

L’indiscipline face au LOU

«Franchement, on a eu un peu un sentiment d’impuissance. Au fur et à mesure du match, on essaie de trouver des solutions. Quand on a eu le ballon, en première période, on a trouvé des solutions, on a franchi. Mais ça finit par une faute, par un en-avant. Les coups de pied francs (appelés aussi «bras cassés», NDLR) aussi sur les mêlées. Il y a des choses qui font qu’après on n’est plus maître de ce qui se passe sur le terrain. On a réfléchi sur comment on aurait pu réagir. Mais, en regardant le match, c’est un sentiment d’impuissance, de n’avoir rien fait. Parce que dès qu’on a eu le ballon, on a été dangereux. Franchement, on a failli marquer un essai de 100 mètres. On a marqué un essai dès qu’on est rentrés dans leurs 22 m (par Hughes à la 8e minute, NDLR). Mais après, sur le terrain, on n’a pas trouvé les solutions défensivement pour réagir.»

Sa place dans sa nouvelle équipe

«Tout se passe bien. À l’entraînement, on joue bien, on se régale. Mais maintenant, il faut retranscrire ça dans les matchs. Ma place, je vous le dirai quand on fera un bon match contre Bordeaux et qu’on aura gagné. Je vous dirais que je me sens bien et tout ira bien. (sourire) Pour le moment, lors du premier match qu’on a fait, on en a pris 30 à Lyon, donc on ne peut pas se réjouir de ça, dire qu’on a bien joué et qu’on se régale. À l’entraînement, je ne vous cache pas que les joueurs ont de très grosse qualité. Moi, ça m’aide et je me régale d’être à leurs côtés tous les jours et de m’entraîner avec eux.»

Succéder à Nolann Le Garrec

«Ce n’est pas dur du tout. Pas du tout. Non, du tout. Je n’ai que ça à dire (rires). Moi, c’est pour ça que je suis venu : pour chercher les responsabilités là où elles sont. J’en avais à Brive et un club de Top 14 m’en a proposé d’autres. C’est pour ça aussi que j’ai fait le choix de venir ici au Racing. Après, il y a aussi le fait de jouer avec Ugo (Seunes), d’avoir Kléo (Labarbe) aussi à côté de moi qui a le même âge, on s’entend bien. Franchement, ce sont des choses qu’il y a à prendre et qu’il ne faut pas louper dans la vie. Au contraire, il faut prendre ça avec beaucoup d’enthousiasme et une énorme envie de bien faire. Sans se mettre de la pression. Franchement, c’est de l’excitation.»

Affronter Bordeaux, champion d’Europe, à l’Arena, je suis venu pour ça, pour jouer ces matchs-là de haut niveau et me confronter aux meilleurs

L’UBB, une équipe très joueuse

«Il va falloir faire un bon match stratégiquement. Affronter Bordeaux, champion d’Europe, à l’Arena, je suis venu pour ça, pour jouer ces matchs-là de haut niveau et me confronter aux meilleurs et de jouer aussi avec les meilleurs qui sont à côté de moi. Je n’ai qu’une hâte, c’est d’être sur le terrain et de faire le meilleur match possible.»

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Le fossé entre Pro D2 et Top 14

«C’est autre chose. La pression du maintien et la pression du top 6, ce sont deux choses complètement différentes. Le maintien, on a un couteau sous la gorge tous les matchs que l’on joue, donc on n’a pas envie de faire de fautes, alors que quand on joue le top 6, on sait que le Top 14 est un championnat serré, donc il faut prendre le bon wagon d’entrée. C’est là où il ne va pas falloir se louper contre Bordeaux ce week-end.»

Un rôle de buteur au Racing ?

«L’an dernier, je crois que j’ai buté une seule fois. Après, j’ai buté en équipe des moins de 20 ans, j’ai buté en Top 14 à mes débuts (avec le CAB en 2022-2023, NDLR). En Pro D2, j’ai toujours travaillé ça toutes les semaines, tous les week-ends. Après, à Brive, j’ai toujours eu un buteur numéro 1 : Nico Sanchez et, l’année dernière, Curwin Bosch, qui avaient été recrutés pour ça. Je me suis entraîné à leurs côtés et là, cette année, il y a Ugo (Seunes) qui a été un très gros buteur en Pro D2. Il nous l’a montré l’année dernière, donc c’est lui numéro 1 et, avec Max (Spring), on est là aussi. Max a pris le but contre Lyon, moi aussi, je peux le prendre. C’est quelque chose qui agrandit notre palette technique, donc s’il faut que je prenne le but, ce sera avec plaisir. Ça me fera marquer des points, prendre en confiance, c’est tout ce que je demande.»

Propos recueillis en conférence de presse