Dans la maison chèrement acquise sur les coteaux de Passy, dans le 16e arrondissement de Paris, Honoré de Balzac n’eut pas le temps de connaître la vue depuis son jardin sur la tour Eiffel. Nul ne sait comment aurait réagi l’auteur des Illusions perdues devant la Dame de fer, tant son côté « conservateur » était affirmé. C’est pourtant lui qui écrivit, en 1831, la Femme de trente ans, ouvrage précédé par la Physiologie du mariage (1829) où, fort des confidences de ses amantes, dit-on, Balzac décrit le mariage comme un combat inégal dont les femmes sont victimes.
Avec la Femme de trente ans, alors que le Code civil napoléonien donne les pleins pouvoirs au mari, reléguant la femme à être la propriété de son époux, Balzac n’a pas de mots assez durs pour évoquer le mariage qu’il compare à une « institution sur laquelle s’appuie aujourd’hui la société : pour l’homme la liberté, pour la femme des devoirs. (…) Le mariage, tel qu’il se pratique aujourd’hui, me semble être une prostitution légale ».