REPORTAGE - La population redoute une nouvelle dévaluation après l’élection présidentielle, qui a lieu du 10 au 12 décembre.
Le Caire
La file d’attente ne désemplit pas devant la petite guérite installée récemment sur une place très fréquentée du quartier de Shobra, au Caire. Femmes d’un côté, hommes de l’autre, des dizaines d’Égyptiens se pressent pour y faire le plein de sucre. «C’est comme ça tous les jours, de l’ouverture, à 10 heures du matin, jusqu’à la fermeture, autour de 17 heures», observe le commerçant sans quitter ses clients des yeux. Ici, le kilo s’échange à 27 livres, environ 80 centimes d’euros, soit presque deux fois moins que dans les supermarchés traditionnels. Une aubaine permise par une grande entreprise de raffinage et sponsorisée par le pouvoir en place comme en atteste le portrait imposant du président et candidat à sa réélection Abdel Fattah al-Sissi qui domine le point de vente temporaire.
Trois rues plus loin, dans les rayons d’un supermarché subventionné, c’est la pénurie. «Le sucre devrait arriver la semaine prochaine, moi je suis venue pour l’huile et le riz », explique une mère…