Découvertes matinales sidérantes ce mardi 9 septembre. Certains fidèles venus prier dans les mosquées de Paris et sa banlieue ont découvert des têtes de cochons, déposées aux pieds des édifices religieux. Rapidement informé de cet outrage à la communauté musulmane, le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, a dénoncé des « actes abjects » sur le réseau social X. « Une enquête a immédiatement été ouverte », a-t-il ajouté, assurant que « tout est mis en œuvre pour [en] retrouver les auteurs ».
Les mosquées de plusieurs arrondissements de la capitale auraient fait les frais de cette provocation. Le parquet de Paris, contacté par nos confrères de France info, dit avoir été avisé de la découverte de cadavres de l’animal devant une mosquée de la rue Marey, dans le XXe arrondissement, dans le XVe arrondissement, et dans une valise, trouvée dans le XVIIIe. Cette source judiciaire a également ajouté qu’une des têtes de cochon découvertes portait l’inscription « Macron », peinte en bleu. Des faits similaires ont été commis à Montrouge et Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, et à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
Les actes islamophobes en hausse
La brigade criminelle de la préfecture de police a été saisie d’une enquête pour « provocation à la haine aggravée par la discrimination en raison de l’appartenance à une race ou religion ».
Dans le sillage de Laurent Nunez, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, s’est empressé de réagir sur X pour partager son indignation. « Tout mon soutien aux responsables et aux fidèles des mosquées touchées par ces provocations insupportables. S’en prendre à des lieux de culte est d’une lâcheté insondable », a-t-il twitté.
De telles profanations ont déjà été signalées et condamnées par le passé. En mars 2024 déjà, le début du ramadan avait été bousculé par le dépôt d’un porc décapité devant la mosquée turque de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Pas plus tard qu’en mai de cette année, une famille musulmane avait aussi trinqué à Lorient (Morbihan). Elle avait découvert une tête de cochon sur le pas de sa porte, des saucisses dans sa boîte aux lettres et des pieds de porc sur son balcon.
Les gestes islamophobes de cette nature se multiplient en France. En juillet, le ministère de l’Intérieur faisait savoir que 145 actes antimusulmans avaient été recensés sur les cinq premiers mois de l’année, contre 83 en 2024, sur la même période et 173 sur l’année entière. Des chiffres « sous-estimés » selon le Collectif contre l’Islamophobie en Europe (CCIE). Dans son rapport sur l’année 2024, il en dénombrait plus du triple : 1 037 signalements lui sont parvenus, c’est 25 % de plus qu’en 2023.
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