La "grande journée d'action" du 25 septembre, annoncée dimanche 14 septembre par Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA contre le Mercosur et les taxes américaines est destinée à "mettre la pression sur le gouvernement qui arrive" afin de "réaffirmer l'ambition agricole de ce pays", affirme Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA sur franceinfo. "On est en train d'abandonner l'agriculture comme on a abandonné l'industrie", déplore-t-il.
Cette journée du 25 septembre ne sera pas une journée de blocage, assure Hervé Lapie, mais de "mobilisations dans tous les départements, que ce soit devant la restauration à domicile, devant des GMS (grandes et moyennes surfaces), devant les préfectures, devant les services de l'État pour qu'ils aillent contrôler la restauration à domicile...", énumère-t-il. Le secrétaire général du principal syndicat agricole souhaite que "tous les départements soient en action pour rappeler l'importance de notre souveraineté alimentaire" et "dire que l'assiette des consommateurs français doit respecter ce qu'on impose aux producteurs que nous sommes".
"Des importations qui ne respectent pas nos normes sanitaires"
Ce mouvement vise à dénoncer "l'instabilité gouvernementale où la profession agricole a toutes les peines du monde à avoir des réponses, complète Hervé Lapie. On est en train de perdre notre souveraineté alimentaire au profit d'importations qui ne respectent pas nos normes sanitaires, environnementales et sociales."
Pour la FNSEA, "l'assiette des consommateurs français aujourd'hui peut être remplie d'aliments que nous, on n'a pas le droit de produire. Il est temps de réagir et les fondations d'un pays doivent s'articuler autour de sa souveraineté alimentaire et de son agriculture", plaide-t-il. À l'instar du miel, dont "on va importer 45 000 tonnes qui viennent d'Amérique du Sud et qui ne correspondent en rien à ce qu'on impose chez nous, sur nos territoires", regrette le syndicaliste.
La FNSEA réclame donc que l'Europe et la France redonnent "une ambition, une vision et des projets aux futures générations qui vont arriver pour l'agriculture", mais aussi un rejet du Mercosur et des taxes douanières. "On a baissé la garde par rapport aux États-Unis et donc ça va avoir un impact majeur pour l'exportation de nos vins et spiritueux, parce qu'il y a les droits de douane, mais il y a aussi les échanges monétaires qui vont renchérir les prix des vins et spiritueux. Donc tout ça, ce sont des équilibres qu'il faut respecter, mais à égalité de normes", poursuit Hervé Lapie. Il demande par exemple que les contrôles ne soient "plus faits sur nos exploitations agricoles. Les contrôles doivent être aux frontières pour contrôler l'alimentation qui rentre chez nous, dans nos territoires".