« L'une des principales menaces environnementales qui pèsent sur la Patagonie» : le saumon chilien, un or rose très contesté

Avec sa météo capricieuse, ses côtes rocheuses, ses légendes et ses buissons d'ajonc d'un jaune éclatant, l'île de Chiloé, située à 1 000 km au sud de Santiago, est souvent comparée, par les Français qui découvrent le sud du Chili, à la Bretagne. Comme l'Ouest tricolore, la région de Los Lagos figure aussi parmi les principaux pôles de pêche du pays, initialement grâce à la richesse de sa biodiversité marine mais aujourd'hui surtout en raison de l'élevage intensif d'une espèce pourtant non-indigène : le saumon atlantique.

Lancée à la fin des années 1970 par des investisseurs étrangers séduits par les conditions propices à l'élevage - entre autres, sa myriade d'estuaires, ses eaux pures et froides -, cette activité est en effet devenue particulièrement prospère. Avec 774.531 tonnes de saumons et truites exportées en 2023, principalement vers les États-Unis, le Japon et le Brésil, le Chili peut se targuer d'une croissance de 47 % en dix ans et d'une confortable place de numéro deux mondial. Cette industrie a rapporté près de 6,5 milliards de dollars de recettes d’exportations l'an dernier (soit environ 2 % du PIB), « ce qui en fait la deuxième la plus importante du pays, derrière celle du cuivre », précise Raphael Bergoeing, économiste et académicien au sein de l'Université du Chili.

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