Au Mans (Sarthe), un adolescent de 17 ans a été arrêté par la DGSI vendredi 5 septembre. Il a été mis en examen et écroué pour association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste et placé en détention provisoire. Il est soupçonné d’avoir préparé des actions djihadistes de grande ampleur en France contre des ambassades, l’Élysée ou encore des établissements scolaires de la Sarthe où il résidait.
En, garde à vue depuis le 1er septembre, le jeune homme aurait reconnu les faits. Il se serait radicalisé seul, dans sa chambre, au travers de vidéos sur internet.
La menace terroriste a été marquée ces trois dernières années par le rajeunissement des auteurs des projets d’attentat. Selon les chiffres communiqués au Monde par le Parquet national antiterroriste, depuis 2023, entre un et deux mineurs par mois en moyenne sont mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste ». Ils n’étaient que deux sur toute l’année 2022 et 15 en 2023. Ils sont déjà douze sur les huit premiers mois de cette année.
Un rajeunissement du profil des sympathisants
Ce rajeunissement des sympathisants de la cause djihadiste, palpable partout en Occident, n’est pourtant pas nécessairement synonyme d’un regain d’activité du groupe État islamique.
Dans un entretien publié au monde en décembre 2023, Nicolas Lerner, ancien responsable de la direction générale de la sécurité intérieure, constatait déjà que sa propagande revenait aujourd’hui « séduire une nouvelle génération d’adolescents pour des raisons diverses – une quête identitaire, l’écho d’un discours de victimisation, une glorification de pulsions violentes qu’ils peuvent nourrir par ailleurs… »
Tous sont consommateurs acharnés d’ultra-violence sur les réseaux sociaux. Une accélération qui a poussé le parquet national antiterroriste à se doter ce printemps d’une section mineur.
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