«Comment je fais, moi ?», se demande Daniel Vaillant, ancien ministre socialiste de l’Intérieur désormais privé de chauffeur

«Un changement de vie.» Depuis le 1er janvier 2026, tout comme plusieurs anciens premiers ministres et ministres de l’Intérieur, Daniel Vaillant est privé de ses «avantages à vie». Plus de protection policière, ni de véhicule avec chauffeur, ni de secrétariat, comme l’avait promis en septembre l’actuel locataire de Matignon, Sébastien Lecornu, au moment où l’État cherchait à donner l’exemple en matière de sobriété. «C’est mes officiers de sécurité qui m’ont dit “bah écoutez voilà, c’est fini”. Bon, bah voilà. Je ne veux pas polémiquer avec ça. Je n’ai jamais été pour les privilèges. Je suis socialiste, je le reste», a raconté l’ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin (2000-2002) mercredi au micro de RTL.

La polémique, celui qui fut également député de Paris (2002-2017) et maire du 18e arrondissement (1995-2001 puis 2003-2014), ne l’évite pas. La faute à la suite de son interview. Daniel Vaillant se confie en effet sur l’adaptation dont il va devoir faire preuve avec le départ de son chauffeur, alors qu’il affirme ne pas avoir conduit depuis son départ de Beauvau, il y a 25 ans. «J’ai 76 ans, je ne suis pas hyper vieux mais je ne suis pas en bonne santé. Bon... Ma femme, pour être très clair, me dit “Je ne veux pas que tu reconduises”. Ah bah oui, mais alors comment je fais moi ?», se demande le socialiste.

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«Si c’est un choix politique...»

Ces déclarations ont suscité de nombreuses moqueries sur les réseaux sociaux. «Vous pouvez faire comme une majorité de Français dans les grandes villes, à savoir utiliser les transports en commun», lui suggère un internaute sur X. Une autre énumère : «Blablacar, le bus, le train, le vélo, du stop, la marche, Uber, un taxi, un ami sympa, tes jambes. De rien.» D’autres encore remercient Sébastien Lecornu d’avoir mis fin à cette «gabegie». Au passage, Daniel Vaillant affirme «doute[r] un peu de la manière dont tout ça (la fin des privilèges) est fait». «Si c’est pour tout le monde pareil, je n’ai rien à dire. Si c’est un choix politique, là, ça pourrait poser un petit problème», ajoute-t-il.

Au moment d’annoncer la suppression des privilèges de ses prédécesseurs, Sébastien Lecornu avait affirmé dans une interview auprès de la presse quotidienne régionale qu’«on ne peut pas demander aux Français des efforts si ceux qui sont à la tête de l’État n’en font pas». En l’espèce, des exceptions ont été accordées à certains anciens locataires de Matignon et de Beauvau, qui ont conservé une protection policière, comme l’explique Le Figaro dans un autre article. Il s’agit de ceux qui ont quitté leurs fonctions il y a moins de deux ans, mais aussi Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur au plus fort de la crise des Gilets Jaunes, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, en raison de leurs responsabilités durant les attentats de 2015, ou encore Edouard Philippe, engagé dans la prochaine campagne présidentielle.