Nouveau phénomène du cyclisme français et mondial, Paul Seixas assure, vendredi soir dans un entretien à l'AFP, que «tout ira bien» tant qu'il reste lui-même à la veille de disputer son premier Tour de Lombardie où il visera d'entrée «un Top 10».
QUESTION : Est-ce que vous sentez que vous avez changé de statut avec votre troisième place aux Championnats d'Europe dimanche dernier ?
Passer la publicitéRÉPONSE: «Moi, personnellement, je n'ai pas changé. Après, c'est sûr que médiatiquement, je vais peut-être être un peu plus sollicité. Je préfère rester comme je suis, comme d'habitude, et ne pas changer les choses. C'est comme ça que ça marche.»
Vous serez le leader de l'équipe Decathlon-AG2R La Mondiale à seulement 19 ans samedi, ce n'est pas banal quand même ?
«C'est bien de pouvoir finir la saison en étant leader. Ça montre que j'ai pu gravir les échelons et que je peux avoir les capacités de prendre la tête d'un groupe de coureurs d'élite. C'est quelque part une pression supplémentaire. Mais j'aime bien ce genre de pression, savoir que l'équipe compte sur moi. Et je sais que je peux compter sur chacun d'entre eux. J'espère ramener un bon résultat pour l'équipe.»
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Que visez-vous comme résultat ?
«Je vais viser un Top 10. J'ai réussi à bien récupérer après les Europe. J'avais quand même des doutes et aussi quelques courbatures pour ne pas vous mentir. Et puis après, je suis arrivé ici avant-hier (mercredi soir) et finalement sur le vélo ça allait. Donc, je pense que je devrais être plutôt bien. C'est la dernière course de l'année. Dans tous les cas, je donnerai tout sur le terrain.»
Passer la publicitéTout est allé très vite pour vous cette année. Là, derrière Pogacar, on vous cite déjà parmi les outsiders pour samedi ?
«Oui, c'est sûr que c'est fou, surtout pour mon premier Monument. Après, la réalité, elle est sur le terrain et on verra ce qui se passe. Mais en tout cas, je suis prêt à me donner à 100%. J'espère que j'aurai la même forme que dimanche dans le Val d'Enfer.»
C’est bon signe que les gens parlent de moi. Ça veut dire que ce que je fais fonctionne.
Paul Seixas
Ça fait quoi de participer à son tout premier Monument ?
R: «C'est particulier. En plus, j'ai toujours pensé que le Tour de Lombardie pouvait vraiment bien me convenir. Avec Liège-Bastogne-Liège c'est celui qui me convient le plus à l'heure qu'il est. J'espère faire Liège l'année prochaine, on verra ce qu'en pense l'équipe.»
Vous attendez-vous à être beaucoup plus surveillé désormais ?
Passer la publicité«Oui, mais je pense que c'est une bonne chose parce que ça va nous permettre aussi de se faire respecter dans le peloton, d'être bien placé.»
On a l'impression que la pression glisse sur vous. D'où vous vient ce détachement ?
«Je pense que c'est du fait que je m'intéresse moins à ce que disent les gens. C'est bon signe que les gens parlent de moi. Ça veut dire que ce que je fais fonctionne. On pourrait croire qu'on peut s'éparpiller assez vite, ce qui est franchement possible. Mais je me concentre sur ma propre progression, sur mon chemin et pas forcément sur ce que disent les gens. Et je sais que tant que je reste moi-même, tout ira bien.»
Quel bilan faites-vous de votre saison 2025 ?
«Le bilan je le ferai vraiment quand j'aurai fini cette course. Mais on peut déjà dire que la saison a dépassé totalement ce à quoi je m'attendais. Je pensais plus prendre cette année comme une année d'apprentissage. J'ai appris beaucoup, énormément même. Mais en plus de ça, j'ai réussi à performer sur quelques courses. J'ai réussi à passer le cap professionnel. Et maintenant je peux m'épanouir dans ce milieu.»