ENTRETIEN - Le sociologue a enquêté pendant six ans auprès de l’électorat RN du sud-est de la France. Dans son livre Des électeurs ordinaires (Seuil), il décrit une classe moyenne stabilisée qui subit un «déclassement relatif» et s’estime trahie par les élus de droite.
LE FIGARO. – Pour votre enquête, vous êtes allé à la rencontre des électeurs RN du Sud, en particulier dans la région Paca, plutôt que vers ceux du Nord. Pourquoi ce choix ?
Félicien FAURY. – Beaucoup de travaux ont déjà été réalisés sur l’électorat du nord de la France, et, derrière cette situation géographique, sur la question du vote ouvrier frappé par la désindustrialisation. J’ai eu l’impression qu’on accordait moins d’attention à l’électorat du Sud-Est, qui a toujours été très important pour le RN. Il s’agit d’un électorat de classes populaires stabilisées - souvent propriétaires de leur logement - ou de petites classes moyennes - artisans, commerçants, professions intermédiaires.
J’ai voulu nuancer l’image du RN comme un parti triomphant uniquement dans les territoires dits délaissés et la « France des oubliés ». Le Sud-Est n’est pas un territoire oublié ; c’est au contraire un territoire très fortement convoité, avec une économie touristique et résidentielle importante. Tout…