Neige en ville : faut-il s’habiller selon la technique de l'oignon parisienne ou la méthode canadienne?

Neige en ville : faut-il s’habiller selon la technique de l'oignon parisienne ou la méthode canadienne?

Alors que de forts épisodes neigeux sont attendus à Paris, vaut-il mieux accumuler les couches comme les «vélotafeurs» ou investir dans un vêtement technique comme à Montréal?

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Lundi dernier, alors que les premiers flocons recouvraient les trottoirs parisiens, Camille, 32 ans, a chuté en glissant sur les bandes réfléchissantes d’un passage piéton. «J’avais pourtant mes bottes Blundstone qui ont une semelle plus crantée  que mes bottines habituelles. C’était complètement raté, et puis j’ai grelotté toute la journée avec mon manteau de ville pas du tout adapté.» Sa grand-mère, originaire de Lorraine, lui rappelle alors que «de son temps», elle investissait dans un gros pull mérinos ou une peau lainée et enfilait une paire de chaussettes par-dessus ses souliers !

«C’est la technique de l’oignon » lui rétorque son collègue cycliste au bureau, alors qu’elle racontait l’astuce de sa grand-mère. Si la technique ne date pas d’hier, elle a gagné en popularité en même tant que la pratique du vélo en ville. «Elle consiste en l’accumulation de couches fines et faciles à ranger dans un sac en fonction des températures tout au long de la journée», nous précise un expert.

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Méthodiquement : une première couche (souvent un sous-pull) à mettre sur la peau pour évacuer la transpiration, une deuxième (un pull 100% laine ou mieux, un cachemire) pour conserver la chaleur, une troisième (une doudoune légère) facultative, puis une quatrième, la plus importante, une couche supérieure imperméable qui protège des éléments extérieurs. Sans oublier ses gants, bonnets et autres Moon Boot pour protéger les extrémités. Mais ce matin, alors que la neige tombe à nouveau dans Paris, Camille se couvre donc comme un oignon... et se trouve complètement engoncée et ridicule. «J’ai l’air d’une enfant qui sort jouer dans la neige!» Même inconfort pour Bianca transpirant dans sa peau lainée et son pull en cachemire impossibles à retirer durant son trajet de métro à l’heure de pointe...

Bloomberg / Bloomberg via Getty Images

Pour lutter efficacement contre le froid et continuer à vivre sous la neige, ne faudrait-il pas s’inspirer des experts en la matière, à savoir nos cousins canadiens? Depuis son arrivée à Montréal en septembre, Perrine, Française de 26 ans partie là-bas en VIE, a été largement initiée à la culture locale hivernale. Cette méthode canadienne testée et approuvée cinq mois dans l’année, repose uniquement sur un vêtement. Elle a donc investi dans une doudoune en Gore-Tex tombant à mi-cuisses, des leggings thermiques et une paire de bottes à crampons. « Ici dès que les gens arrivent dans un endroit fermé comme un restaurant, ils tombent la doudoune et sont en bras de chemise!»

Théa, Parisienne de 24 ans qui a fait ses études à Québec, a trouvé un entre-deux : «Durant mes hivers là-bas, j’ai fait un mix de ce qu’on fait en France - le layering de vêtements - et de ce que font les Canadiens qui parient surtout sur un manteau - parka ou doudoune - ’grand froid’ mais sont en tee-shirt en dessous. En réalité, ça dépend surtout du temps passé à l’extérieur. Lorsqu’ils ont prévu de passer une heure dehors, les Québécois portent ce qu’ils appellent le ’pantalon de neige’ qui est notre équivalent de nos pantalons de ski, des vêtements thermiques type Heattech d’Uniqlo  et des ’bottes de neige’ qui sont des chaussures souvent fourrées et à semelles crantées ou à crampons amovibles, mais qui sont beaucoup plus légères que des après-ski!» Théa est d’ailleurs ravie ces jours-ci de ressortir son matériel canadien pour découvrir Paris sous son grand manteau blanc «cette ville est encore plus belle sous la neige!»