«Nous avons l’impression d’être dans un garage» : à Bordeaux, une mystérieuse odeur de fioul indispose des riverains

«Nous avons l’impression d’être dans un garage» : à Bordeaux, une mystérieuse odeur de fioul indispose des riverains

Depuis le 23 septembre, plusieurs riverains de la rue Saint-Genès à Bordeaux sont indisposés par une mauvaise odeur d’hydrocarbure. Marie-Hélène Hérouart / Le Figaro

Malgré plusieurs batteries de tests du service d’assainissement de Bordeaux Métropole (Sabom), l’origine de cette mauvaise odeur qui est apparue le 23 septembre demeure inconnue. Certains riverains de la rue Saint-Genès suspectent l’incivilité d’un artisan.

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Un climat de suspicion se dégage de la rue Saint-Genès à Bordeaux. Depuis le 23 septembre, une forte odeur d’hydrocarbure se répand dans les chambres de certaines habitations de la rue. L’alerte a été donnée par un habitant du numéro 216, quelques jours plus tard, le 28 septembre. Les pompiers, qui sont intervenus ce jour-là, n’ont pas jugé que la fragrance désagréable était nocive pour l’homme ou susceptible de provoquer une explosion. L’octogénaire a néanmoins déposé plainte pour la nuisance olfactive selon nos sources, confirmant une information révélée par Sud Ouest.

«L’odeur est véritablement gênante. Nous avons l’impression d’être dans un garage», témoigne un riverain. Dans sa bâtisse, le fumet s’infiltre par l’aération extérieure de la salle de bains de sa fille. «Le matin, quand j’ouvre la porte de la salle de bains, l’odeur sort d’un coup et rentre dans la maison», abonde l’adolescente qui dort depuis dans une autre chambre. «Nous aérons, mais l’odeur persiste. Au début, je pensais qu’elle venait de chez nous. J’ai nettoyé tous les tuyaux de la salle de bains», complète son père. Le pater familias est inquiet : la senteur aux effluves d’hydrocarbure peut provoquer maux de tête, nausées et picotements à la gorge.

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Origine inconnue

Rapidement informé de la situation, le service d’assainissement de Bordeaux Métropole (Sabom) a immédiatement ouvert une enquête afin de rechercher d’éventuels résidus d’hydrocarbure dans le collecteur des eaux usées et pluviales, situé dans la rue. «Au vu des plaintes, nous avons suspecté une pollution du réseau», nous explique Franck Zeisler, le directeur des réseaux et de la relation clients du Sabom. Seul hic : les investigations menées le 29 septembre n’en ont fait apparaître aucune. Idem pour les deuxièmes analyses menées le 9 octobre, puis la troisième batterie de tests menée mardi après une opération de rinçage du réseau. «Il n’y a aucune trace d’hydrocarbure ni d’irisation de l’eau comme nous pouvons l’observer lorsqu’elle est polluée. Mes équipes me signalent toutefois toujours la présence des mêmes odeurs. Je ne crois pas qu’il y ait un risque sanitaire, mais je peux comprendre la gêne des riverains», précise l’expert.

La piste d’une incivilité

Le directeur du Sabom, qui est convaincu que le souci ne vient pas du réseau, s’apprête néanmoins à relancer une série d’analyses après les fortes pluies qui sont attendues à Bordeaux, lundi. Si l’odeur persiste, un curage du collecteur devra être commandité. «La persistance du phénomène est étrange et potentiellement inquiétante. C’est peut-être un voisin qui fait une tambouille chez lui dont l’odeur se propage. Nous ne sommes pas non plus à l’abri d’une incivilité, d’une huile de vidange ou d’un fond de carburant qui aurait été jeté dans une bouche d’égout», avance Franck Zeisler prudemment. La piste d’un acte irresponsable est également privilégiée par les riverains. Ils soupçonnent l’artisan qui a réalisé le retrait d’une cuve de fioul d’une maison de la rue, dont les travaux ont récemment commencé, d’avoir manqué de prudence. Il ne s’agit toutefois à ce stade que d’une hypothèse.

Selon nos sources, si le retrait de ladite cuve suspecte a eu lieu le 29 septembre, soit plusieurs jours après le début des doléances des riverains ; les soupiraux de la maison avaient bien été ouverts une semaine avant l’intervention, soit le 23 septembre. D’après les éléments en notre possession, l’artisan nie toutefois avoir déversé le contenu de la cuve de fioul dans le réseau d’eau. Il assure ainsi avoir utilisé comme il le convient des bidons en plastique et admet uniquement qu’un seau d’eau, dont le contenu a été versé dans les toilettes, a servi à nettoyer des taches de fuel. Des résidus qui semblent toutefois insuffisants pour expliquer le parfum nauséabond persistant dans le quartier trois semaines plus tard. Pour l’heure donc, le mystère demeure.