Mort d’un supporter du FC Nantes : le parquet requiert un procès aux assises pour le chauffeur VTC mis en cause

Mort d’un supporter du FC Nantes : le parquet requiert un procès aux assises pour le chauffeur VTC mis en cause

Le 17 décembre, les supporters nantais avaient rendu hommage à Maxime lors d’un match. SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

L’avocat du chauffeur va demander une requalification pénale. Son client nie avoir eu l’intention de tuer Maxime Leroy, lors d’affrontements entre supporters juste avant un match de foot en décembre 2023.

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Presque deux ans après le drame, l’épisode reste douloureux. Le 4 décembre 2023, une heure avant le coup d’envoi d’un match de Ligue 1 Nice-Nantes, un supporter du FC Nantes avait été mortellement blessé à l’arme blanche. La situation avait dégénéré aux abords du stade de La Beaujoire, près du Saint-Georges, un bar nantais fréquenté par la Brigade Loire. Au passage d’un convoi de supporters niçois, des Nantais les avaient pris à partie. Dans ce contexte d’attroupement, un chauffeur VTC avait sorti un couteau et porté deux coups à Maxime Leroy, 31 ans.

Après sa garde à vue, le mis en cause avait été mis en examen pour «homicide volontaire« et »extorsion avec arme«, puis placé en détention provisoire, où il se trouve toujours. «Nous considérons que les éléments constitutifs de la légitime défense ne sont pas réunis en l’état actuel», avait alors justifié Renaud Gaudeul, ex-procureur de la République de Nantes, à propos de cet «homme âgé de 35 ans, chauffeur VTC, possédant quatre mentions sur son casier judiciaire, dont une de prison ferme pour détention et trafic de stupéfiants». 

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Un autre homme sera jugé

Selon une information de L’Équipe, que Le Figaro est en mesure de confirmer, le parquet de Nantes a demandé fin septembre un renvoi aux assises de l’auteur présumé des coups. Si les parties civiles s’en réjouissent, l’avocat de la partie adverse est en train de préparer des observations pour revoir cette analyse.

«Mon client conteste l’intention de cet homicide, ainsi que l’infraction connexe d’extorsion qui ne tient pas», affirme Me Julien Plouton, qui défend le coupable présumé. En effet, le soir du drame, son client aurait demandé aux supporters niçois d’aller tirer de l’argent pour réparer les dégâts de son véhicule. «À mon sens, les supporters niçois ont voulu donner à ce dossier un caractère crapuleux qui ne l’est pas du tout», assure Me Plouton, qui souhaite que le qualificatif d’extorsion disparaisse, estimant que l’infraction n’est pas matérialisée. De même, il aimerait que le qualificatif de meurtre soit transformé en coups mortels. Le juge d’instruction devrait rendre une décision avant fin novembre. L’avocat peut ensuite faire appel en saisissant la chambre d’instruction. C’est après cela qu’une date de procès pourra être fixée.

Dans cette affaire, un deuxième homme a été mis en examen pour «violences volontaires» et «altération de preuves» car les vidéos de son véhicule, doté d’un système d’enregistrement, ont disparu. Le parquet a demandé pour lui un renvoi devant le tribunal correctionnel pour «destruction de document ou objet concernant un crime ou un délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité et violence avec usage ou menace d’une arme sans incapacité», rapporte le journal L’Équipe.